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Inquiétudes sur l'indépendance énergétique de la Haute-Loire

Date : 28/11/2011 | Mise à jour : 28/11/2011 22:42
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Le barrage de Poutès devrait prochainement être abaissé (lire l'article). Pour la CGT-Energie, la perte de cette énergie stockée pourrait poser problème lors des pics de consommation électrique en Haute-Loire.

"La production d'électricité sera équivalente, au mieux, à 85 % de la production actuelle", met en garde Laurent Putoux, secrétaire départemental de la CGT-Energie. Et non pas 90 % comme l'annonce EDF. Avec cette baisse de 15 %, au mieux, de la production d'énergie altiligérienne, le syndicat fait part de ses inquiétudes vis à vis de l'indépendance énergétique du département.



"Une énergie 100 % publique et la plus propre possible"


Le projet d'abaissement du barrage de Poutès, situé à Monistrol d'Allier, a été validé par le ministère de l'écologie le jeudi 6 octobre 2011. Depuis, beaucoup se sont exprimés. C'était au tour de la CGT-Energie ce vendredi. Consciente des problèmes que peuvent rencontrer les saumons, elle estime que l'abaissement du barrage n'est pas la clef du problème : "le problème vient de la pêche en mer, de l'estuaire, des eaux de mauvaises qualités... ", précise-t-elle.
Bien que sensible à l'écologie, le syndicat rappelle sa position en terme de politique énergétique : "on soutient toute forme d'énergie 100 % publique et la plus propre possible". Le photovoltaïque et l'éolien sont certes des énergies propres, mais tributaires des conditions climatiques. Par conséquent, ces énergies ne peuvent être stockées.



L'indépendance énergétique en question


C'est bien là que le bât blesse pour la CGT. Laurent Putoux explique : "aujourd'hui, nous sommes sur une production stockée. Le barrage est un outil nous permettant de démarrer la production d'énergie en moins de cinq minutes, ce qui constitue un avantage considérable pour pallier aux pics de consommation".

Un barrage pour 17 éoliennes

"On avait une production annuelle à Poutès qui tournait aux alentours de 52 Gigawattheure contre 30 Gigawattheure pour dix éoliennes. En plus, le vent n'est pas une énergie contrôlable", observe Laurent Putoux.

En effet, en période hivernale, la Haute-Loire enregistre parfois de fortes pointes de consommation. "Chaque année, on a la problématique sur les mois d'hiver, mais aussi en été lorsqu'on atteint des canicules puisqu'aujourd'hui de plus en plus de maisons et de locaux sont équipés de climatiseurs. On a donc fréquemment des périodes de surconsommation".
Et le soleil ou le vent ne sont pas toujours au rendez-vous pour faire face. "Demain, on aura une production au fil de l'eau et nous ne serons plus capables de pallier aux fortes demandes d'énergie", ajoute le secrétaire départemental de la CGT-Energie.
Laurent Putoux rappelle que la production altiligérienne est avant tout hydroélectrique et partage ses inquiétudes quant à l'indépendance énergétique de la Haute-Loire à l'avenir. Ecouter.






Le syndicat va surveiller les frais, les recettes et les emplois


Le projet de l'abaissement du barrage est évalué à 14 millions d'euros. "Ce sont les chiffres annoncés dans le projet, on verra bien s'ils s'y tiennent", souligne le syndicaliste qui ajoute, le sourire en coin : "c'est une somme importante, alors qu'il y a de véritables difficultés financières aujourd'hui. Ceux qui font tourner l'économie française ne mangent peut-être pas du saumon tous les jours...".

"Consensus politique"

Le syndicat demandait le maintien du barrage en l'état mais a dû s'incliner devant "le consensus politique", soulignant ironiquement : "on parle de sortir du nucléaire mais on détruit des énergies propres... ".

Autres points que le syndicat s'engage à surveiller : le maintien de la taxe professionnelle à 450 000 euros par an, répartis au Département, puis aux communes, mais aussi le maintien des emplois indirects, exclusivement des employés communaux, soit une demi-douzaine. Enfin, Laurent Putoux conclut : "on veillera aussi à ce que le chantier se déroule correctement et que l'abaissement de la digue n'intervienne qu'au terme des travaux, malgré d'éventuelles pressions des associations écologistes pour voir le barrage abaissé le plus rapidement possible".



Maxime Pitavy

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Commentez

img_journalisteHF le 2 décembre 2011 - 18h23
Concernant le barrage de Poutes et le saumon, le problème est que les frayères amont ne sont pas accessibles, bien sur ce n'est pas la seule cause. S'accrocher à quelques pour-cent d'énergie renouvelable c'est vraiment dommage, d'autres sites sont bien mieux adaptés pour la production d'électricité et par forcément avec l'énergie hydraulique. Faut penser au Sud il y a un potentiel énorme...

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img_journalistepp le 1 décembre 2011 - 15h28
Ne rêvons pas, L'avenir énergétique , en Hte-Loire , comme ailleurs passe par un usage réfléchi de l'électricité, par exemple refuser le chauffage électrique. Mais il est inutile de compter sur des éoliennes, défaillantes en plein hiver et d'un apport dérisoire (sauf en matière de revenus financiers pour les promoteurs et les loueurs de terrains) .

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img_journalistecc le 1 décembre 2011 - 00h38
L'avenir de l'énergie, en Haute-Loire, comme ailleurs, passe par les energies renouvelables et propres...et aussi par le respect de la biodiversité. Le nucléaire apparaît donc bien comme une entreprise du passé...à dépasser : voir le Japon, l'Allemagne, la Suisse, l'Autriche etc... La CGT, une fois de plus, défend des positions archaïques, et une entreprise, EDF, où elle a le monopole du Comité Social, avec les détournements de fonds qui vont avec !

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