Date : 12/07/2012 - Mise à jour : 13/07/2012 12:25
Condamné 15 fois depuis 2002 pour vol, violence, recèle, outrage, contrefaçon de chèque, détention de stupéfiant ou conduite sans permis, le prévenu âgé de 30 ans comparaissait ce jeudi pour vol aggravé en état de récidive légale. Ce dernier était sorti de prison en février 2012. C'est un prévenu «qui fait de la comédie» pour les juges mais «malade» pour son avocat qui s'est présenté à la barre du tribunal correctionnel ponot.
Vol d'ordinateur et entrée par effraction
Les faits se sont déroulés le 3 juillet dernier dans deux lieux différents. Le prévenu, commerçant ambulant, sans permis, est accusé d'avoir volé un ordinateur au Chambon-sur-Lignon en début d'après-midi et d'être rentré dans la foulée par effraction dans une maison à Tence où il a été pris en flagrant délit par la propriétaire des lieux en train de voler des bijoux. S'en est suivi un affrontement entre le prévenu et le fils des propriétaires.
«Je voulais un verre d'eau»
C'est en fin d'après-midi que la propriétaire se rend compte qu'un homme est actuellement dans son habitation, sans autorisation. En ouvrant la chambre de son fils, elle tombe nez à nez avec le prévenu, qui visiblement regardait dans une boite à bijoux, elle se met alors à hurler «au voleur». Le fils, alerté par les cris, arrive et empoigne l'homme pour le mettre dehors. Dans la confusion de la bagarre, le prévenu parvient à s'extirper vers son camion à vive allure. Une fois arrivé à ce dernier, le fils raconte qu'il a vu l'homme prendre un sac à dos contenant un ordinateur, il l'a alors empêché d'aller le cacher quelques mètres plus loin. A la barre, le prévenu, a, lui, une toute autre version. Ce dernier explique qu'il ne voulait qu'un verre d'eau et des informations alors il a toqué à la porte : « elle était ouverte alors je me suis avancé de quelques mètres, je ne suis jamais monté à l'étage et je n'ai jamais été dans la chambre. J'ai fait tomber l'ordinateur par terre, je ne l'ai pas caché, je voulais juste prendre mes cigarettes dans mon camion».
L'ordinateur volé... au collège
Il s'avère que l'ordinateur en question provient d'un vol qui avait eu lieu quelques heures avant les faits de Tence, au Chambon-sur-Lignon. L'ordinateur appartient au collège du Lignon, où le prévenu a été vu par le concierge de l'établissement plus tôt dans la journée. Ici encore, il nie tout en bloc et donne sa version : « je l'ai acheté à Tence sur le marché, un gars, Rudy, m'a dit qu'il le vendait 120 euros, d'occasion, je l'ai pris. Si j'ai été vu a côté du collège c'est parce que je croyais que c'était un foyer, Rudy m'a amené jusque là-bas et m'a dit "bouge pas je vais chercher l'ordinateur"».
Le procureur de la République explique que ce Rudy n'a jamais été retrouvé par les forces de l'ordre, ou même vu. Les témoins ont tous déclaré avoir vu le prévenu, seul et entièrement seul. Il rajoute aussi que ce dernier a aussi été vu dans l'arrière boutique d'un magasin à deux pas de la maison où il est rentré.
Un prévenu à fleur de peau
Tout au long de la comparution immédiate, le prévenu a semblé être à fleur de peau, pleurant souvent, s'énervant facilement, à la limite de l'outrage. Plusieurs fois, ce dernier répète qu'il est malade, que la prison va le tuer, qu'il faut l'aider, qu'il est innocent... Il va même jusqu'à dire qu'il comprenait "pourquoi des jeunes devenaient comme Mohammed Merah, qu'ils étaient abandonnés par leur pays et qu'on ne voulait pas d'eux". Pour le procureur, il s'agit d'un vrai jeu d'acteur pour éviter la prison : «je n'y crois pas».
En revanche pour l'avocat du prévenu c'est un appel à l'aide, ce dernier aurait déjà essayé de se suicider à plusieurs reprises en prison et avait aussi entamé une grève de la faim et de la soif. Les juges demandent alors une expertise psychiatrique.
Trois ans ferme avec le sursis
Le procureur requiert un an de prison ferme et la révocation totale du sursis et de la mise à l'épreuve du prévenu soit deux années qui se rajouteraient aux 12 mois ferme. Cette révocation avait d'ailleurs été recommandée par le juge d'application des peines. Ce qui ferait un total de trois ans ferme.
Le couperet tombe alors, les juges déclarent le prévenu coupable et le condamne à la peine plancher, soit trois ans de prison dont un an ferme. Ils révoquent le sursis et la mise à l'épreuve, ce qui condamne le trentenaire à une peine de trois ans ferme assortis de deux ans de sursis, et d'une mise à l'épreuve. Ils demandent aussi un suivi psychologique et une obligation de soins.
Laetitia Achilli
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