Hôtellerie : ''si on ne peut pas se déplacer à plus de 100 km, il n'y aura personne'' sur zoomdici.fr (Zoom43.fr et Zoom42.fr)

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Hôtellerie : ''si on ne peut pas se déplacer à plus de 100 km, il n'y aura personne''

Date : 20/05/2020 | Mise à jour : 21/05/2020 08:56
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Avec une activité qui a chuté de 95 % sur mars et avril, le secteur, qui attend toujours le protocole sanitaire pour rouvrir, espère une levée de l'interdiction de se déplacer à plus de 100 km pour accueillir quelques touristes cet été.

"C'est simple, on a zéro réservation". Emmanuel Crespy, propriétaire de plusieurs établissements sur le Puy-en-Velay et élu de la Chambre de commerce et d’industrie de Haute-Loire (CCI 43), ne cache pas les difficultés que le secteur a rencontré ces derniers mois : "on a une chute de 95 % de notre activité sur mars et avril", estime-t-il, "il ne faut pas que ça dure davantage car ça coûte énormément au secteur". Selon ses informations, "20 à 25 % envisagent d'arrêter leur activité en fonction du protocole qui sera dévoilé la semaine prochaine".
Fort heureusement, la centaine de salariés qu'il emploie dans ses quatre hôtels (et trois restaurants) ne sont pas menacés pour l'instant, c'est plutôt sur les saisonniers (une vingtaine de contrats) que la crise risque de se reporter.

"C'est l'interdiction de se déplacer à plus de 100 km qui nous coince"

Pour Emmanuel Crespy, difficile d'envisager une reprise de l'activité sans la levée de cette interdiction. "Les personnes qui viendraient au Puy depuis une ville se situant à moins de 100 km feront l'aller-retour dans la journée, ils ne vont pas séjourner à l'hôtel", observe-t-il. Par rapport au Puy, nous avons fait le test et des villes comme Millau, Alès, Orange, Rodez, Lyon, Roanne ou encore Aurillac sont déjà trop loin... 
"Dans des départements ruraux comme le nôtre, on a un tourisme fort l'été", analyse-t-il, "mais on n'est pas très optimistes, avec notamment les festivals qui s'annulent les uns après les autres", même si le Roi de l'Oiseau fait partie des rares à ne pas encore avoir rendu les armes.
Seul motif d'espoir : une attractivité renforcée pour des territoires reculés comme la Haute-Loire, avec un regain pour le tourisme vert : "on espère en bénéficier mais on ne sait pas encore si ce sera possible". Surtout que les frontières sont toujours fermées et que tous les Allemands et Hollandais qui s'arrêtent régulièrement au Puy durant leur exode estivale vers l'Espagne ne seront probablement pas là cet été. Idem pour ceux qui séjournent ou qui avaient prévu de faire un bout de Saint-Jacques.

Pas de commerciaux, ni séminaires ou formations

Cette clientèle touristique concerne essentiellement la période allant de Pâques à Octobre. "Sur les neuf mois de l'hiver, notre clientèle est essentiellement composée de commerciaux mais pour l'instant, ils ne sont pas là. Ils font autrement, avec des visioconférences notamment", rapporte Emmanuel Crespy. Les séminaires et les formations ne sont pas autorisés non plus, tout comme les bus touristiques (problème de distanciation obligeant à remplir à moitié le véhicule, qui n'est alors plus rentable).
Le problème, c'est que dans ce secteur comme dans bien d'autres, il n'y a pas de report d'activité et ce qui est perdu est perdu. "Pour l'activité des congrés et des séminaires par exemple, on pense que ça repartira normalement en 2022 seulement", ajoute-t-il, alors que beaucoup des participants viennent de l'étranger.

Faudra-t-il laisser un mètre entre les convives ? Ou moins ? Quelle place doit-on laisser entre les tables ? Tout le monde doit-il être masqué ? Doit-on désinfecté en permanence ?.. autant de questions qui restent pour l'instant en suspens et qui modifiront fortement la rentabilité de l'activité.

Un protocole sanitaire attendu la semaine prochaine

Il espère être éclairé lundi prochain sur la façon dont il va falloir s'organiser pour poursuivre l'activité. L'organisation du travail sera forcément chamboulée plusieurs mois "et on ne sait pas quand on pourra retrouver notre rythme de croisière". Hôtellerie et restauration sont intimement liés, et comme beaucoup vont poursuivre le télétravail, il s'attend à "une reprise très molle".
"En partie hôtellerie, par exemple, il semblerait qu'il faille attendre 24 heures après le déaprt d'un client avant de pouvoir faire le ménage et désinfecter", témoigne-t-il, ce qui va réduire le nombre de chambres mises à disposition, comme le nombre de couverts proposés en salle. Le petit-déjeuner ne sera plus proposé en buffet mais livré dans les chambres. "Toutes ces règles vont nécessiter plus de travail, plus de personnel et plus de temps de service", conclut Emmanuel Crespy, "mais la priorité sera la sécurisation totale des personnels et des clients".


Maxime Pitavy





 
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