Funérailles : les Altiligériens auront bientôt le choix
Date : 29/10/2011
- Mise à jour : 02/11/2011 04:57
A l'occasion de la Toussaint et après plus de trente années de lutte, l'association crématiste de Haute-Loire a obtenu la construction d'un crématorium sur l'agglomération du Puy. L'appel d'offre est en cours et la concession pourrait démarrer début 2013.
La Haute-Loire ne possède pas de crématorium. Paradoxalement, elle compte près de 80 columbariums. Alors qu'une crémation (1200 euros en moyenne) est jugée deux fois moins chère qu'une inhumation, l'association crématiste de Haute-Loire en déduit : "les entreprises de pompes funèbres y sont logiquement opposées". Pourtant, l'éclatement des familles, les contraintes d'entretien des tombes mais surtout le manque de place dans les cimetières ont conduit à une évolution des mentalités. Aujourd'hui, de plus en plus de personnes se disent favorables à la crémation, sachant que 200 urnes prennent autant de place que quatre caveaux. "Laissons la terre aux vivants", s'exclame Hubert Guyon, président de l'association crématiste de Haute-Loire, qui se réjouit que ce projet soit en voie de concrétisation : "ce n'était plus admissible que certaines familles soient contraintes de patienter plus d'une semaine avant de pouvoir incinérer leurs défunts, simplement parce que le département ne disposait pas de crématorium".
"Un vide à combler" La communauté d'agglomération précédente avait pris la compétence et la suivante a pris la décision de lancer l'appel d'offre en délégation de service public pour ce crématorium jusqu'au 21 novembre. Pour l'entreprise potentielle retenue, la concession s'étalerait sur trente ans et c'est à ses frais qu'elle devra construire, viabiliser et entretenir le crématorium. Notons que d'importants travaux de terrassement sont à prévoir sur ce terrain d'un petit hectare : l'investissement total est évalué à 1,5 millions d'euros. Michel Joubert, Président de la Communauté d'Agglomération du Puy-en-Velay, tempère cet investissement : "j'ai vu le terrain à plusieurs reprises et il me semble constructible sans travaux préalables. On devra certainement choisir entre différents projets et on prendra celui qui s'adapte le mieux au terrain. Un crématorium, c'est relativement petit, guère plus grand qu'un pavillon et ce sera à l'architecte de s'adapter au terrain". Pour lui, l'avancement du dossier est un soulagement : "on a pris le taureau par les cornes et le dossier avance. On considère cet équipement indispensable pour l'agglomération du Puy, c'est un vide à combler".
Un projet rentabilisé en une petite dizaine d'années Le terrain a été acheté à la commune d'Espaly-Saint-Marcel pour environ 3€ le m2. Un terrain jugé parfaitement adéquat par le Président de la Communauté d'Agglomération du Puy : "il est proche des axes de circulation et il y a le gaz de ville. De plus, c'est un terrain très arboré avec des espaces de recueillement et de promenade", précise-t-il.
En France, cette pratique représente 30% des décès pour 140 associations et 65 000 adhérents. Il y a aujourd'hui en France 174 crématoriums en activité. En Haute-Loire, la crémation ne représente que 13 % des décès alors que ce taux dépasse 50 % dans la Loire. Les mentalités peuvent rapidement évoluer puisque ce taux ne dépassait pas 1% en France en 1979. Cas extrême au Japon où la crémation est pratiquée dans 99,8% des cas.
La Communauté d'Agglomération a fait le choix de la délégation de service public (DSP) afin de confier la construction, la gestion puis la maintenance de l'équipement à une entreprise privée. "Le caractère professionnel de cette activité imposait le choix de la DSP", précise l'élu qui ajoute : "il faudrait que l'opérateur puisse mutualiser avec d'autres entreprises qui ont des équipements et des compétences dans le domaine". Au niveau de la rentabilité du projet, c'est encore un peu flou. Michel Joubert souligne : "il a fallu faire des études très sérieuses pour évaluer la rentabilité". Sur une base de 500 crémations par an, le projet pourrait trouver son équilibre financier sur une petite dizaine d'années. Mais le seuil de rentabilité pourrait être rapidement dépassé puisque 443 communes sont concernées par ce projet, jusqu'en Ardèche et en Lozère, soit un bassin de population de près de 250 000 personnes. Autrement dit, une fois le crématorium installé sur l'agglomération ponote, le pourcentage de crémation pourrait rapidement augmenter (il est aujourd'hui de 13 % alors que la moyenne nationale est de 30%) et le projet serait alors plus vite rentabilisé.
Peu de nuisances mais peu d'emplois L'idée de voir un crématorium s'ériger près de chez soi peut en repousser plus d'un. Pourtant, selon Hubert Guyon, les nuisances sont minimes : "c'est absolument négligeable. De ce que l'on sait, ça serait beaucoup moins dérangeant que l'entreprise de papeterie située juste en dessous par exemple. Deuxièmement, le cimetière d'Espaly n'est pas bien loin et il pollue bien davantage", argumente-t-il. L'installation d'un crématorium sur l'agglomération ponote serait-il alors générateur d'emploi ? "Un tout petit peu, environ 3 à 5 personnes", estime le président de l'association crématiste de Haute-Loire avant d'ajouter : "c'est surtout générateur d'économies pour les familles qui n'auront pas à aller jusqu'à Clermont-Ferrand ou Saint-Etienne, mais au-delà du porte-monnaie, c'est aussi un soulagement au niveau de la douleur. C'est pour nous un point décisif car quand il y a un décès dans la famille et qu'il faut partir si loin pour être incinéré, c'est vraiment la double peine". Une volte-face dans ce dossier serait encore possible si aucune entreprise ne répondait à l'appel d'offre. On devrait être fixé d'ici mi-novembre et Hubert Guyon conclut : "nous attendons ce projet depuis tellement longtemps que nous ne nous réjouirons qu'au moment de couper le ruban tricolore".
Hubert Guyon, président de l'association crématiste de Haute-Loire, s'avoue soulagé de voir ce projet concrétisé et espère voir une concession s'installer au plus vite pour démarrer son activité dès janvier 2013. Ecouter.
Crémation, histoire et religion Aux Ier et IIème siècle de notre ère, les Romains pratiquaient majoritairement la crémation avant qu'elle ne soit supplantée par l'inhumation, pour finalement disparaître au Vème siècle. Charlemagne, dans un capitulaire de 789, l'interdit officiellement dans son empire. Ce n'est qu'à la fin du XIXème siècle que la crémation redevient possible grâce à la loi du 15 novembre 1887, qui établit les bases et les principes fondateurs de cette pratique. Les pays d'Europe du Nord sont parmi les plus crématistes, probablement à cause de la prépondérance de la religion réformée qui accepte la crémation depuis environ un siècle alors que l'Eglise catholique ne la tolèrera qu'à partir de 1963. Le père Bernard Planche, du diocèse du Puy-en-Velay, assure : "nous ne voyons aucun inconvénient à l'incinération. L'Eglise a toujours préféré l'inhumation car il y a un plus grand respect du corps, ce qui n'est pas le cas lors de la crémation où l'on cherche à tout prix à le faire disparaître". Seule exigence du diocèse : "dans la mesure du possible, la célébration de l'Eglise doit se faire avant la crémation". Historiquement, l'inhumation a toujours été le moyen le plus utilisé lors des décès mais déjà autrefois, lors d'épidémies, l'Eglise tolérait que les corps soient incinérés. Le schisme entre les deux pratiques se situe en fait dans la conception que chacun se fait du rapport au corps. Le père Planche explique : "autrefois, on défilait devant le corps du défunt et il n'y a pas très longtemps encore, on veillait les morts. Aujourd'hui, au contraire, on préfère le cacher donc la crémation rentre dans ce schéma de faire disparaître le corps du défunt au plus vite". Dans ce rapport au corps, paradoxalement, le don d'organe a toujours été encouragé par l'Eglise, "car le principe de charité prédomine", conclut le Père Planche.
n - le 9 novembre 2011 - 16h58 Signaler un abus
Les élus d'Espaly n'ont pas respecté les Espaviots en décidant de lancer un projet polluant (dioxine,plomb..) et inesthétique pour les pavillons qui sont à proximité. Il faudra se mobiliser et les sanctionner aux prochaines élections municipales.
vl - le 4 novembre 2011 - 12h41 Signaler un abus
Je suis catholique et ce n'est pas pour faire disparaître mon corps que je choisis la crémation, c'est tout simplement parce que notre corps retournera à la poussière et que je trouve malsain de tenir autant de place dans un cimetière. Pour ceux qui voudront se souvenir de moi il y a les photos, la prière et tant de petites choses, pas besoin d'une tombe dans ces lieux souvent sinistres et surtout des pompes à fric ! C'est mon âme qui importe, pas cette enveloppe vide et pourrissante ! V.
R - le 3 novembre 2011 - 09h35 Signaler un abus
Pourquoi une gestion privée : sûrement à cause des horaires.
n - le 9 novembre 2011 - 16h58 Signaler un abus
Les élus d'Espaly n'ont pas respecté les Espaviots en décidant de lancer un projet polluant (dioxine,plomb..) et inesthétique pour les pavillons qui sont à proximité. Il faudra se mobiliser et les sanctionner aux prochaines élections municipales.
vl - le 4 novembre 2011 - 12h41 Signaler un abus
Je suis catholique et ce n'est pas pour faire disparaître mon corps que je choisis la crémation, c'est tout simplement parce que notre corps retournera à la poussière et que je trouve malsain de tenir autant de place dans un cimetière. Pour ceux qui voudront se souvenir de moi il y a les photos, la prière et tant de petites choses, pas besoin d'une tombe dans ces lieux souvent sinistres et surtout des pompes à fric ! C'est mon âme qui importe, pas cette enveloppe vide et pourrissante ! V.
R - le 3 novembre 2011 - 09h35 Signaler un abus
Pourquoi une gestion privée : sûrement à cause des horaires.