Société

Finances publiques - Education nationale, même combat

Les syndicats se donnent rendez-vous le 31 janvier puis le 2 février pour deux journées de mobilisation générale notamment contre la politique de l'emploi du gouvernement.
Le premier mouvement concerne l'Education nationale, le second la Direction générale des finances publiques.

  • Grève dans l'éducation nationale
L'Education nationale appelle à la mobilisation le 31 janvier, soit en manifestant sur Paris, soit en régissant en local. Les syndicats ont tous dénoncé une carte scolaire "qui arrive tôt, à plusieurs mois de l'échéance présidentielle, pour se faire oublier". Avec un gouvernement qui "oriente ouvertement vers le privé" et "sape le professionnel au profit de l'apprentissage".

Effectifs fixés à 35
Elle réagit aux premières annonces de carte scolaire, qui prévoient la suppression de postes, de filières, de classes, alors que les effectifs sont en hausse. Au lycée, ils sont fixés à 35 élèves par classe. "La dernière mobilisation a fait reculer le Ministre. Le ministère veut rentabiliser les enseignants. Il faut continuer." Les options plus marginales sont supprimées, comme l'option grec à Roche-Arnaud ou la LV3 espagnole à Simone Weil.

Les "hors classe" et le professionnel comme cibles
Les suppressions de postes dans l'Education nationale sont au nombre de 19 pour 2012 en Haute-Loire. Les postes les plus touchés sont les postes "hors classe" : postes de remplacement, Rased qui aident les élèves en difficulté (18 postes pour 15 000 élèves), les enseignants en établissements spécialisés (handicap, difficultés scolaires). L'académie est la deuxième en termes de suppression de personnels administratifs. Cette "manoeuvre" a pour but d'"éviter la fronde populaire" : "le grand public ne va pas se mobiliser pour ça".
L'enseignement professionnel reste le plus touché avec 85 postes supprimés en Haute-Loire. En deux ans, c'est un tiers de l'enseignement professionnel du département qui a été fermé, dont des sections porteuses.
Avec humour, l'Unsa note qu'il faudrait des "EGM, élèves génétiquement modifiés, petits pour entrer dans les classes, sans problèmes scolaires ni handicap".

Jean-Pierre Chambon, secrétaire départemental de l'Unsa Education explique pourquoi son syndicat a lancé un appel à manifester au Puy-en-Velay et non pas à Paris comme l'a suggéré le Syndicat national des enseignements du second degré (Snes). Ecouter.



  • Grève dans la finance publique
"Les fonctionnaires de la DGFIP sont à bout !", écrivent-ils dans un communiqué. Les syndicats Union SNUI-SUD-Solidaires, CGT FIP, FO DGFIP, UNSA, CFTC de la Direction générale des finances publiques de Haute-Loire et de France, appellent à la grève et réclament l'arrêt immédiat des suppressions d'emplois, le maintien et le rétablissement des emplois supprimés "nécessaires à la réalisation de toutes les missions de service public qui leur sont confiées". Ils exigent la fin des suppressions d'emplois et "tirent un bilan accablant des conséquences de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) pour les services départementaux".

2 départs à la retraite sur 3 non remplacés
La première conséquence des suppressions d’emplois du budget 2012, selon les syndicats, est "une situation insupportable et intolérable pour l'ensemble des services (...) De 2000 à 2011, ce ne sont pas moins de 85 emplois qui ont déjà été supprimés sur l’ensemble des deux filières de la DDFIP de la Haute- Loire, auxquels viennent s’ajouter les cinq suppressions nettes en 2012!" Selon les calculs des syndicats, en France, 2 441 emplois de la DGFIP ont été supprimés, ce qui porterait à 16 000 le nombre d'emplois total supprimés depuis 2005. "Ce sont au moins deux départs à la retraite sur trois qui n’ont pas été remplacés."

Menace d'un burn-out
Autre conséquence : les conditions de travail. "Partout, les personnels sont au bord de la rupture, dans un état d’épuisement tel qu’ils ne peuvent plus assurer le service public d'une manière correcte." Les syndicats dénoncent une généralisation des situations de sous-effectifs. "Tous les services sont touchés. A l’insuffisance d’emplois, se conjuguent l’augmentation corrélative des charges de travail, les fréquentes réorganisations fonctionnelles des services opérées pour tenter de résoudre la quadrature du cercle, et le diktat des indicateurs."

Le public, victime des suppressions de postes
Pour les syndicats, le public en pâti -"tout cela conduit à l’allongement des files d’attente pour le public qui n’a rien gagné à cette fusion"- et les trésoreries sont menacées de regroupement -"Cayres et Pradelles, Le Monastier et Fay-sur-Lignon dès 2012, suivies d’autres les années suivantes".
Un appel à la grève a été lancé pour le 2 février prochain. Rassemblement devant la Direction départementale des finances publiques, rue des Moulins au Puy-en-Velay à 9h.