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Fin du conflit pour Poutès

Date : 07/10/2011 | Mise à jour : 07/10/2011 19:28
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La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a validé jeudi soir le projet présenté par EDF qui consistait à arraser le barrage de Poutès (lire l'article). De 17 mètres de hauteur, ce dernier devrait être ramené à 4 mètres afin d'améliorer la circulation des poissons. La production électrique devrait être maintenue à 90 %.

C'est lors du 27ème Congrès de l'Association nationale des élus de la montagne à Bonneville, en Haute-Savoie, que la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a annoncé la validation du projet d'arrasement de Poutès.


"Faire de Poutès un symbole de réussite de l’hydroélectricité durable"

Elle a déclaré lors de son discours : "l’énergie hydroélectrique représente une composante majeure de notre bouquet énergétique. C’est la seconde source de production d’électricité en France derrière le nucléaire (ndlr : 12 % de la production nationale). C’est une énergie mature et la plus économique après le nucléaire. Enfin, elle est fondamentale pour la stabilité de notre réseau. A ce sujet je veux dire un mot concernant l'avenir du barrage de Poutès sur l’Allier.
Après des années d’opposition frontale entre défenseurs du maintien de l’ouvrage et partisans du démantèlement, une troisième option a été présentée à ma demande par EDF ce printemps dans le cadre de la convention pour une hydroélectricité durable. Il est appréciable que nos ouvrages d’art prennent en compte la biodiversité de nos cours d’eau. En l’occurrence le barrage se fait discret en passant de 17 à 5 mètres de hauteur. Les ingénieurs l’ont même pensé totalement effaçable en cas de besoin, et équipé d’ouvrage de franchissement pour les salmonidés. Le coût des travaux est estimé à 10 millions d'euros à la charge du concessionnaire. Je souhaite faire ainsi du barrage de Poutès le symbole de la réussite de l’hydroélectricité durable. Nous allons convertir le symbole de la discorde, de dix années d’affrontements sur la restauration de la Loire, en un exemple fort de succès grâce aux perspectives ouvertes par le développement durable".



"Un compromis qui ne règle pas la problématique de la migration des poissons"

Le député de Haute-Loire Jean Proriol s'est montré soulagé. "Après plus de cinq ans de combat, Poutès est enfin sauvé", a-t-il lâché. Il considère que "cette solution de compromis est de nature à satisfaire l’ensemble des parties prenantes à ce dossier". Le député a tenu à ajouter : "la production sur Saint-Préjet d’Allier et l’Ance du Sud sera également améliorée. Comme l’a signalé la Ministre, Poutès se fait plus discret, mais Poutès reste sur son assise actuelle sans toucher à la conduite forcée qui achemine l’eau jusqu’à l’usine de Monistrol d’Allier".
Concernant la situation du saumon, Jean Proriol déplore : "la nouvelle configuration de Poutès ne règlera pas la problématique de la migration des poissons". Comme il l’a toujours affirmé, "de très nombreux facteurs menacent la survie du saumon dans le Haut-Allier. Il faut d'abord régler ces problèmes sinon il ne servirait à rien d’investir plus de 10 millions d’euros pour aménager Poutès ! ". Bien que soulagé d’ "avoir évité le pire" concernant Poutès, le Député estime donc que le problème du saumon reste entier et qu’il faut désormais travailler à des solutions pour assurer le repeuplement de l’axe Loire-Allier.



"Sauvegarde de la biodiversité et de la reconquête de la qualité de l'eau"

Du côté des ONG, scientifiques, pêcheurs, élus et entreprises qui se sont mobilisés pendant des années pour son effacement, cette annonce est une très belle nouvelle. Tous saluent "une avancée majeure en faveur du saumon, des migrateurs et des fleuves. Le compromis trouvé, conciliant énergie renouvelable et biodiversité, est le fruit de l'intelligence collective en actes", estiment les associations et ONG dans un communiqué commun.
Elles précisent également : "85 à 95 % de la production hydroéléctrique du site sera maintenue. Ainsi, les communes locales, dont Monistrol-d'Allier, continueront de percevoir la quasi totalité des revenus". Enfin, ces dernières soulignent : "les vrais gagnants de cette décision, ce sont la Loire, l'Allier et le saumon pour lesquels le barrage de Poutès est un obstacle majeur. L'autre grand défi qui reste à relever sera celui de la sauvegarde de la biodiversité et de la reconquête de la qualité de l'eau".

Notons pour conclure que les ONG ont réaffirmé leur volonté de participer à l'arrasement du barrage de Poutès, qui ne devrait pas débuter aussitôt. En effet, une année d'études approfondies est envisagée avant le début des travaux qui devraient s'échelonner sur au moins deux années.



Maxime Pitavy


>> Pour plus d'informations, lire notre dossier sur le barrage de Poutès.

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img_journalistevs le 7 octobre 2011 - 22h30
un choix s'impose a nous: investir dans du nucléaire et payer pour démonter des barrages qui fonctionnent bien ou alors s'éclairer a la bougie!!! a moins que quelqu'un ai une meilleure idée comme investir pour des (vrais) technologie durables (sur le long terme!) enfin ce n'est pas comme si je payer un peu le démontage de poutes sur ma facture EDF!

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img_journalisteB le 7 octobre 2011 - 22h06
Et l'anguille, n'oublions pas l'anguille qui contrairement au saumon voit massivement sa migration stoppée. Ah oui un autre oubli de taille, surement le migrateur le plus imposant : le canoë. Le couloir de dévalaison ne paraît pas adapté. Ne serait-il pas ingénieux de prévoir une passe, peut-être mixte, dès la conception de ces nouveaux aménagements ? Ne nous leurrons pas : le saumon c'est fumé, la truite c'est cuit, n'est-il pas temps de réfléchir le haut-allier différemment ?

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img_journalistefc le 7 octobre 2011 - 19h50
la hte loire démontre bien sont archaïsme dans la vision des choses, à l'heure ou la planète est égsangue,un peu de sagesse et de lucidité réconforte l'esprit.tout au moins pour ceux qui en ont.

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