Fausser compagnie aux policiers pour une compagne phocéenne : 16 mois ferme sur zoomdici.fr (Zoom43.fr et Zoom42.fr)
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Fausser compagnie aux policiers pour une compagne phocéenne : 16 mois ferme

Date : 12/12/2017 | Mise à jour : 12/12/2017 12:14
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Présenté en comparution immédiate le 20 novembre dernier, un prévenu de 22 ans avait vu son affaire renvoyée devant le tribunal correctionnel du Puy, ce lundi, pour deux faits d’évasion et pour filouterie à l’encontre d’un chauffeur de taxi ponot. Le jeune homme avait obtenu un délai pour préparer sa défense.

« Vous êtes reconnu coupable et condamné à 16 mois de prison ferme », a prononcé le président André-Frédéric Delay, à l’issue de l’audience du tribunal correctionnel, ce lundi 11 décembre.
Pour comprendre les faits qui étaient ce lundi reprochés au prévenu de 22 ans, il faut remonter à 2015 et à sa condamnation à quatre ans de prison. Un verdict tombé après qu’il avait été désigné coupable dans l’affaire de la série d’incendies à Brives-Charensac et Chadrac en 2014 (ici et ). Le jeune homme, natif du Puy, avait ensuite benéficié d’une mesure de semi-liberté.
Après plusieurs échecs dans sa démarche d’insertion professionnelle et une adhésion à la mesure qui ne semblait plus très solide, le soir du 10 juin 2017, le toujours détenu n’a pas réintégré la Maison d’arrêt.

Course poursuite dans les couloirs d’Émile-Roux

« Ma copine avait plein de problèmes au Puy, par rapport à moi, on connaissait trop de gens ici. Elle avait aussi des soucis d’argent, s’est justifié le prévenu ce lundi à la barre, alors nous avons décidé de partir, sur Marseille, car elle avait toute sa famille là-bas. Mais je ne lui ai pas dit que j’avais une mesure de semi-liberté, sinon elle n’aurait pas voulu. »
Repris ensuite après quatre mois de cavale, il avait réintégré la Maison d’arrêt du Puy. Le lendemain même, le 18 novembre dernier, le jeune homme a demandé à pouvoir consulter au centre-hospitalier, pour des maux de ventre.
Le matin de cette consultation, et démenotté lors d’un passage aux toilettes, il a réussi à fausser compagnie à la police, après une course poursuite dans les couloirs d’Émile-Roux.

«Ça passe mieux avec une femme»

Mais avait-il préparé son évasion ? Ou sont-ce les circonstances particulières – une escorte policière que l’urgence du service a momentanément réduite – qui l’ont incité à céder à l’irresistible besoin d’aller rejoindre sa compagne ?
Le prévenu traverse la Borne et fuit. Un peu plus loin il sonne chez un ami, celui-ci ne répond pas. Une habitante de l’immeuble s’étonne de le voir tout trempé : le jeune homme prétexte une importante fuite d’eau et se fait passer pour un plombier. La femme lui propose un vêtement sec.
Le prévenu trouvera finalement momentanément refuge, auprès de cette personne et d'une amie à elle. Amie qui le conduira même en voiture jusqu’à Saint-Julien Chapteuil. De là, le jeune homme veut appeler un taxi pour se rendre à Marseille et l’amie, selon lui, aurait tenu à le faire à sa place en disant : « ça passe mieux avec une femme. »

«Non préparation des faits concernant l’évasion»

Arrivé à Marseille, le chauffeur de taxi comprend vite qu’il aura du mal à encaisser sa course de plusieurs centaines d'euros. De plus, comme l’atmosphère sur place ne semble plus très rassurante, à ses yeux, il prend peur et s’en va.
« Je voulais le payer, je n’avais rien sur moi et je ne pouvais pas me rendre chez ma copine où j’aurais pu récupérer mon argent  », assure le jeune homme à la barre, se défendant des faits de filouterie qui lui sont, pour ce cas précis, reprochés.
La défense, par la voix de Me Anne-Sophie Clauzier, appuiera également dans ce sens et demandera que la filouterie ne soit pas retenue, elle demandera aussi de tenir compte de « la non préparation des faits concernant l’évasion. »
Le jour même de cette évasion, la police de Marseille, avertie par le commissariat du Puy, ne mettra pas longtemps à le retrouver.

Un temps de flottement trop long

Après une nouvelle poursuite dans les rues de la cité phocéenne, le jeune homme sera interpellé et placé en garde à vue, en attendant que les fonctionnaires ponots ne viennent le chercher.
Au moment de rendre le jugement du tribunal correctionnel, ce lundi, le président précise toutefois au prévenu que, si malgré tout « son dossier contenait assez d’éléments pour que le tribunal correctionnel puisse prononcer une condamnation », sa mise en garde à vue, au soir du 18 novembre dernier au Puy, était quant à elle « annulée » – idem pour les auditions – car intervenue trop tardivement.
Une annulation qui n’a pas contredit l’accusation pour autant, le ministère public ayant demandé une peine de 18 mois, et qui intervient tout de même après un petit forcing de la défense.
En effet, l’avocate a souligné que le 18 novembre dernier, entre la levée de sa garde à vue, à Marseille, et celle prononcée au Puy, il y avait eu un temps de flottement trop long quant au statut précis de son client.

J.J.

 
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