Les éleveurs allaitants altiligériens se réunissent jeudi pour faire le point sur l'année écoulée et aborder 2012. Nous avons rencontré Anthony Fayolle : entre espoir de reprise et gestion des charges, portrait d’un jeune agriculteur bien dans son exploitation.
Président du groupe viande du canton de Saint-Paulien et membre du syndicat des Jeunes agriculteurs, Anthony Fayolle, bientôt 27 ans, élève des bovins à Blanzac.
700 euros par mois Associé à sa mère en GAEC, il élève des vaches allaitantes de race charolaise : l’agriculture s’est ainsi transmise "
de mère en fils". Installé à 22 ans, un BTS en poche, il possède à ce jour 90 hectares et près de 140 bêtes. Ses journées "
de 6h30 à 19h30" diffèrent selon les saisons
: trois heures par jour de travail aux animaux, puis le travail dans les champs.
Marié, sans enfant, sa femme travaille sur le Puy, dans un secteur autre que l’agriculture. Un salaire sécurisé non négligeable. "
Si j’enlève tous les emprunts pour la reprise de la société, je gagne 700 euros par mois. Ça dépend des années mais depuis que je me suis installé c'est difficile."
Il habite en location sur la commune, et reconnaît que pour "
quelqu’un qui loue seul et qui veut vivre, ou qui a une famille à nourrir, c’est compliqué. On a des jeunes qui peuvent passer quatre ou cinq ans à moins de 600 euros".
Le Service de remplacement
Le Service de remplacement dispose d’une centaine de salariés agricoles en CDI, pour tout remplacement de congés, formation, maternité, maladie : "les salariés sont faciles à trouver, le problème c’est le coût (…) on ne peut pas leur dire ‘cette année, ça n’a pas marché, je ne te paie que la moitié.' On voit du coup des exploitants qui gagnent moins que leurs salariés."
Donner sa vie aux vaches Après son installation, il augmente le cheptel, investit dans un bâtiment pour loger les bêtes : "
j’ai choisi d’investir, ça facilite le travail, je préfère avoir un peu de temps libre et gagner un peu moins. On arrive à partir en vacances, en week-end, c’est une qualité de vie. Les jeunes, aujourd’hui, on veut s’installer mais on veut pas sacrifier sa vie pour la donner à nos vaches. C’est le cliché de l’agriculteur qui s’installe, ne sort plus, s’occupe du matin au soir des animaux. Les jeunes, on voit les autres partir en vacances, je vois pas pourquoi on ferait pas pareil." Pour sa part, quand il s'absente : "
j’arrive à m’arranger avec mon associée".
Vendre toute l'annéeLe bilan 2011 a été positif dans l’ensemble : "
on a repris le droit chemin, malgré les désagréments des charges et de la sècheresse qui ne nous permettent pas de voir les effets de la hausse des prix".
Il vend selon la saison, presque toute l’année : "
je me suis organisé pour avoir des rentrées d’argent étalées, j’ai deux périodes de vêlage dans l’année donc deux périodes de ventes, septembre-octobre et mars-avril". Il travaille avec l’abattoir du Puy, un commerçant privé, des coopératives, en vente en direct à des bouchers : "
c’est plus une notion de travail de confiance et d’équipe que de label".
La reprise de capital Il souhaite une meilleure redéfinition des aides : "
elles sont déconnectées de la production et de la réalité, il faut un principe de redistribution qui rétablisse l’égalité".
La baisse des exploitations est "
due à une grosse vague de départs à la retraite, puis le contrecoup de la crise du lait". La reprise est un "
challenge" : "
on ne va pas pouvoir combler tous les départs. Si l’agriculture ne va pas et qu’on n’a pas de revenus, on n’installera pas de jeunes".
Pour s’installer "
il faut être volontaire, il y a des contraintes mais comme pour un chef d’entreprise qui monte sa société. Le gros frein, c’est la reprise de capital". La tendance va vers le grossissement des exploitations : "
Reste à le maitriser. Il faut rester raisonnable, ne pas grandir à outrance sur une zone où on ne pourra pas spécialement y arriver, mais on ne peut pas aller contre non plus".
Il remarque aujourd’hui une "
difficulté à faire cohabiter campagne et ville, surtout dans l’Yssingelais". La ville empiète de plus en plus mais la cohabitation est nécessaire pour redynamiser les campagnes.
Vers le Maghreb et la Turquie
Ses bovins mâles, les "broutards", ont peu de débouchés sur le marché national. Ils sont destinés à l’exportation "à l'origine sur l'Italie, et maintenant plus sur le Maghreb et la Turquie". La production régionale, par son volume, oblige à un marché national et international.
La question de la reconversion Pas d’investissement dans l’immédiat, mais des "
arrangements entre voisins", qui se font "
à l’amiable ou plus par des actes". "
Il faut regrouper pour avoir de grandes parcelles", améliorer la structure de l’exploitation pour gagner en productivité.
Il pense quelquefois à une "
difficile" reconversion : "
après des années passées relativement dures, ce n’est pas inenvisageable de faire autre chose, ça vaut mieux que de sacrifier sa vie" mais "
on a des investissements considérables et il faut avancer d’une manière ou d’une autre. C’est un choix".
Jeudi 26 janvier, Anthony Fayolle sera à Chaspuzac à l'occasion de la "Journée bovine". Ce jour-là, les éleveurs de Haute-Loire invitent toute la filière à se réunir pour dresser un bilan et parler perspectives.
Emilie Monnereau
JC - le 3 février 2012 - 17h28 Signaler un abus
Je me rends compte que chaque fois qu'il y a un article sur l'agriculture, les gens lance le même refrain sur les aides. Ces personnes là devraient se renseigner sur les objectifs de la PAC avant de toujours critiquer. De plus les revenus sont bien calculés avec la totalité des aides que touchent les exploitants. Une dernière chose : des vaches allaitantes ne sont pas élevées pour leur lait mais pour la viande. Il n'y a donc pas de revenu de lait...
F - le 30 janvier 2012 - 08h32 Signaler un abus
Ce qui on oubli de dire c'est toutes les primes qu'il perçoit, les agriculteurs se sont toujours plein pourtant il sont toujours là ?!
rm - le 28 janvier 2012 - 10h40 Signaler un abus
s il n y avait plus de prime + de la moitié des grosses exploitations peuvent mettre la clef sous le paillasson et les exploitants allaient pointer a pole emploi .il faut savoir que pendant 20 a 30ans tout jeune qui s installe et qui par consequent insvestit dans des batiments et du materiel est ( esclave ) de la banque,mais en contre partie ils on tout de suite pour bien demarer leur activité. et travaille dans de bonne condition .bonne chance et bon courage a nos jeunes agriculteurs