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Devoirs de vacances : Laissez les petits ligériens décrocher !

Date : 12/07/2018 | Mise à jour : 12/07/2018 08:54
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Les vacances ont commencé et le réflexe « devoirs de vacances » revient au galop. Pourtant, ce n’est pas forcément la meilleure chose à faire.

Il y en a pour tous les âges. Dès la maternelle et jusqu’au lycée. Quasiment pour chaque matière. Les couleurs attirent l’œil et la main du parent qui veut faire bien se tend vers ce fascicule : le cahier de devoirs de vacances. Stop ! Jérémy Rousset tire la sonnette d’alarme. Il enseigne en maternelle à l’école des Frères Chappe à Saint-Étienne, dont il est le directeur. Par ailleurs, il est représentant du SNUIPP, syndicat d’enseignants. Il dénonce « un énorme business dont les enjeux marketing dénaturent les objectifs de pédagogie ». De plus, rien n’assure que les résultats soient au rendez-vous. « On observe, en tant qu’enseignant, que le travail sur fiches qui est proposé n’est pas le plus intéressant, estime-t-il. Il faut manipuler, être dans une réflexion collective pour passer des paliers. » En gros, être en classe.

« Lâchez-leur la grappe »


Pour l’enseignant, les vacances doivent avant tout servir à ce que l’enfant déconnecte, « pour revenir chargé à bloc à la rentrée ». Jérémy Rousset préconise donc que les enfants aient « d’autres projets que ceux directement liés à l’école ». Sinon, les effets peuvent être désastreux, selon lui. « C’est un peu inquiétant de voir que cette attente de la réussite précoce arrive dès la maternelle », réagit-il. Dans les plus petites classes, il est primordial que l’apprentissage, le fait de venir à l’école, soit vécu comme un plaisir. « Or, si on l’oblige à faire ses devoirs de vacances de 15h30 à 16h15, c’est vécu comme une punition. Il n’y a pas mieux pour dégoûter l’enfant en difficulté. »

Lire une histoire et rencontrer les enseignants


Le responsable syndical ne nie pas que certains élèves puissent avoir des difficultés. « Un petit coup de pouce pendant l’été est parfois nécessaire », admet-il. Mais, à ses yeux, un cahier de vacances standardisé ne peut pas apporter une réponse à des problèmes individuels. Il conseille plutôt aux parents de prendre rendez-vous avec l’enseignant de leur enfant. « Les enseignants savent exactement où il en est réellement et comment il peut progresser. » Dans la pratique, il exhorte les parents à « lire une histoire, chaque soir, à leur enfant. Peu importe si c’est la même. » En effet, il assure que les effets d’une telle attitude sont visibles en classe. « Il y a des progrès en syntaxe, en compréhension de texte. Quelle que soit la classe sociale, il y a des mots dans les livres qu’on n’utilise pas au sein de la famille, donc on évolue aussi en vocabulaire. Surtout, c’est vraiment un moment de plaisir. »

P.S.

 
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