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Demandes d'inscriptions refusées : l'école des Fraisses (de nouveau) en danger

Date : 05/03/2018 | Mise à jour : 06/03/2018 09:55
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Les effectifs seraient suffisants mais si les dérogations ne sont pas acceptées par la mairie, une classe fermera. Les parents et les enfants de l'école étaient sur le marché du Puy samedi pour tenter de sauver leur école.

Alors qu'il recevait en mairie ce samedi matin  une partie des 163 enfants nés dans l'année, le maire du Puy-en-Velay Michel Chapuis était dans le même temps pris à partie par d'autres enfants, ceux de l'école des Fraisses, qui avaient un message clair : "Monsieur Chapuis, sauvez notre école".
Une opération de tractage avait lieu sur le marché du Puy et une délégation a déambulé dans les rues de la cité mariale pour sensibiliser la population à ce que les parents d'élèves assimilent à une injustice : malgré des demandes d'inscription, l'école devrait perdre une classe à la rentrée prochaine. 

En n'acceptant pas les dérogations, la mairie "condamne l'école à perdre une classe"

Une fermeture de classe a été proposée dans l'école ponote car les effectifs sont jugés insuffisants, avec un effectif prévisionnel de 101 élèves pour un seuil de fermeture à 104 élèves. Problème : trois familles (soit six enfants) souhaitent s'inscrire à l'école des Fraisses mais la mairie, en n'accordant qu'une dérogation sur les trois demandes, empêche l'école de franchir le seuil et la "condamne à perdre une classe", explique une des mamans ayant pris part à l'opération de tractage, ce samedi 3 mars 2018, sur le marché du Puy.
En effet, une fois la commission de l'inspection académique de ce vendredi 9 mars passée, si le nombre d'élèves requis n'est pas atteint, la fermeture de classe sera actée, même si de nouvelles inscriptions interviennent entre temps. "On a un vrai sentiment d'injustice", déplorent les parents d'élèves, "alors qu'il suffirait d'un mot du maire pour sauver l'école".

Au carrefour de quatre communes, l'école craint de mourir à petit feu

L'école des Fraisses, malgré des effectifs à peu près constants depuis une dizaine d'années, est régulièrement menacée de fermeture de classe. L’école jouit de nombreuses demandes d’inscription, mais ces dernières, en raison de sa situation géographique au carrefour de quatre communes (Aiguilhe, Polignac, Espaly et le Puy), sont soumises à des commissions municipales qui accordent ou non les dérogations.
C'est ainsi qu'on arrive à des inepties et qu'une famille s'était vue refuser la possibilité de scolariser ses enfants dans l'école située à 200 mètres de sa maison comme l'avait révélé Zoomdici en 2016. On estime que sur les 15 000 personnes travaillant au Puy-en-Velay, 7 500 y résident et 7 500 habitent dans les communes voisines. Parmi ces personnes, certaines sont dans l’obligation pratique de scolariser leurs enfants près de leur lieu de travail, c’est-à-dire au Puy. "Si on ne laisse plus entrer personne, l'école finira bien par fermer", dénonce un des parents d'élèves.




Des dérogations qui demeurent très arbitraires

Suite à notre article sur l'impossibilité de scolariser ses enfants à 200 m de sa maison, le maire du Puy Michel Chapuis a proposé la création d'une commission qui étudie cas par cas les demandes de dérogation. Malgré plusieurs sollicitations de la rédaction de Zoomdici, nous n'avons jamais pu obtenir un détail chiffré des résultats de ces commissions. Il nous a simplement été précisé que davantage de dérogations étaient acceptées.
On trouve sur le site de la mairie tous les critères pris en compte dans ces demandes de dérogation et on s'aperçoit qu'à chaque fois, au moins un des critères est rempli mais la décision demeure arbitraire ("les dérogations devront demeurer exceptionnelles", prévenait le maire en 2016) et sur les trois demandes, seule une a pour l'instant été acceptée. Pour les deux autres familles, la mairie attendrait la commission de l'inspection académique du 9 mars pour statuer. Mais si le nombre d'élèves requis n'est pas atteint le 9 mars, la fermeture de la classe sera prononcée... C’est le serpent qui se mord la queue.

Des chiffres éloquents

* 2009-2010 : 1065 élèves dans le public et 870 dans le privé
* 2015-2016 : 974 élèves dans le public et 970 dans le privé dont 575 viennent de communes extérieures.

"On est en droit de se demander s’il n’y a pas un sabotage organisé des écoles publiques"

Enfin, en toile de fond, réside toujours la question de l'enseignement privé qui serait préconisé par l'équipe municipale. Selon les parents d'élèves, certaines familles auraient vu leur demande refusée et on leur aurait aussitôt proposé une scolarisation dans les établissements privés de la commune. Notamment car "si la commune d'origine refuse de payer les frais de scolarité, c'est ensuite aux impôts ponots d'en absorber le surcoût", précisait l'élu. Le conseiller d'opposition (PS) Laurent Johanny dénonçait déjà en 2016 "une attitude hypocrite vis-à-vis de l'école publique" car il estimait que "l'équipe municipale n'hésite pas à contraindre des parents à l'inscription dans le privé".
"Il s’agit donc d’une décision arbitraire et politique", déploraient le collectif des parents des écoles publiques du Puy et la FCPE, "quand on songe à d’autres décisions comme la subvention annuelle de 300 000 euros non obligatoire aux écoles maternelles catholiques privées ou la non-augmentation de la dotation à la caisse des écoles depuis 2009, on est en droit de se demander s’il n’y a pas un sabotage organisé des écoles publiques".

Plusieurs motifs d'espoir

L'école présente cependant plusieurs motifs d'espoir. D'abord, les effectifs des petites classes sont en hausse. Ensuite, le centre hospitalier Émile Roux ouvrira avant l’été 2018 une crèche pouvant accueillir 40 enfants et ses inscriptions ne sont pas uniquement réservées aux agents hospitaliers. "Cette nouvelle et la possibilité de la mise en place d’une classe passerelle avec notre établissement nous assurerait de nouveaux élèves, avec le soutien de la mairie", précise l'équipe enseignante.
L'école des Fraisses organise ses journées portes ouvertes le vendredi 23 mars de 8h30 à 17h30 et le samedi 24 mars de 9h à 12h. Selon toute vraisemblance, elle devrait alors enregistrer de nouvelles inscriptions. 

D'autres fermetures envisagées pour septembre 2018

Le solde prévisionnel est de -6,5 ETP (équivalent temps plein) pour la rentrée prochaine, avec -5 ETP (8,75 fermetures et 3,75 ouvertures), auxquels il faut encore soustraire 1,5 ETP (poste d'IEN non pourvu l'an dernier). Voici le détail des fermetures : 

Notons que la classe ULIS de Jeanne d'Arc sera transférée à Michelet.

- Les écoles de Vals et de Siaugues/Vissac devraient perdre un demi-poste chacune via le dispositif plus de maître que de classe.
- Les écoles des Fraisses, de Retournac, de Paulhac, de Sainte-Sigolène, de Saint-Pal-de-Mons et de Saint-Didier en Velay devraient perdre un poste chacune.
- L'école de Paulhac devrait perdre un quart de poste de décharge et celle d'Aurec un demi poste dédié aux enfants du voyage.




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img_journalisteC le 6 mars 2018 - 21h00
Petit rappel utile: 6€, ce n'est pas le prix d'un repas: c'est un repas + deux heures de personnel municipal + la construction et l'entretien des locaux de cantine + leur ménage quotidien... Autre rappel utile: la scolarité en maternelle et en élémentaire est gratuite, mais elle a un coup pour l'Etat (enseignants) et la Commune (personnel municipal, locaux, fournitures...). Il est de plusieurs milliers d'euros annuels. Alors les pleurnicheries sur 6€ de cantine...

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img_journalisteah le 5 mars 2018 - 23h57
Dérogations acceptées = menace de fermeture de classes, voire d'école dans d'autres communes ! Financement, règles et dérogations ne sont malheureusement pas assez cadrés dans le public, et mettent les municipalités en difficulté. Ces problèmes émanent de l'état avant tout, et le privé en profite grâce à la loi Carle qui oblige les communes d'origine à payer ! Pas nouveau et bien dommage qu'aucune volonté politique de niveau national ne se penche sur le problème.

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img_journalisteF le 5 mars 2018 - 21h58
Je commente les commentaires: non ce n'est pas la vie,et non ce n'est pas normal que les dérogations soient accordées de façon arbitraire, surtout lorsque les conditions d'apprentissage des enfants en dépendent. Ce n'est pas parce que le système applique le même fonctionnement depuis des années que ça ne peut et doit pas changer s'il est injuste, et que l'on ne doit pas le dénoncer. Si la résistance n'existait pas, qui sait dans quel monde nous vivrions? Déjà que..

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