Economie
Déchets à Cayres : Sita-Suez contre-attaque
Date : 26/06/2012
- Mise à jour : 26/06/2012 14:46
Après le revers subi en appel concernant le permis de construire du bâtiment d'accueil et du local technique du projet de centre de stockage de déchets à Cayres vendredi, Sita-Suez, balaie d'un revers de la main une « décision de pure forme ».
« La Cour d'appel de Lyon n'a relevé qu'un vice de procédure, explique ce mardi 26 juin 2012 Vincent Borel, le directeur du développement du porteur de projet Sita-Suez, elle a estimé que le préfet de Haute-Loire aurait dû demander l'avis de l'Institut national de l'origine et de la qualité, l'ancien INAO, or il ne l'a pas fait car il n'y a pas de demande officielle et il n'a pas jugé qu'il était tenu de le faire ». Sita-Suez compte donc écrire un courrier au nouveau préfet, Denis Conus, pour compléter le dossier. Il n'est donc pas question de redéposer une demande de permis de construire pour le bâtiment d'accueil et le local technique du projet de centre d'enfouissement de déchets à Cayres-Séneujols car celui signé en mars 2010 par l'ancien préfet Richard Didier est encore tout à fait valable, selon Vincent Borel.
Pas de retard
Pour autant, ce contre-temps va-t-il retarder les choses comme l'espèrent les militants du collectif d'opposants Préservons le plateau du Velay volcanique (PPVV) ? Non, répond le directeur du développement, puisque de toutes façons la construction du bâtiment d'accueil et du local technique ne peut se faire tant que l'enquête publique sur le projet en lui-même n'a pas eu lieu. Et celle-ci est bloquée par le procès intenté par la famille Vialla, l'un des propriétaires du terrain convoités à Cayres-Séneujols qui s'est rétracté depuis son accord en 2009. En première instance, en janvier 2010, Sita-Suez avait eu gain de cause. Il faudra attendre le 17 septembre prochain pour savoir si la société varoise va finalement obtenir l'attestation du propriétaire qui manque à son dossier d'autorisation auprès des pouvoirs publics.
Vacher ? Un projet complémentaire
L'attribution du marché des déchets de quatre collectivités du Pays du Velay à l'entreprise locale Vacher-Praxy couperait-elle les vivres au centre d'enfouissement ? « En aucun cas, rétorque Vincent Borel, ce projet est complémentaire. Nous ne faisons pas le même métier. Eux ne stockent pas les déchets, ils font du tri mécano-biologique (TMB). Après traitement, il restera donc environ 60% de déchets à stocker. Nous avions intégré depuis le début la création éventuelle d'un outil TMB et nous le saluons. Nous avions prévu une capacité de stockage de 40 000 tonnes par an en moyenne et 50 000 tonnes sans TMB ».
Les déchets industriels, quésaco ?
Quant aux rumeurs qui voudraient que Sita-Suez cherche à faire venir des déchets industriels pour compenser la perte des déchets éliminés par le traitement éventuel de l'entreprise Vacher-Praxy, Vincent Borel fait de la pédagogie : « les déchets industriels font partie de la même catégorie que les déchets ménagers, ce sont des déchets dits non dangereux, la seule différence c'est qu'il y a entre les reste de votre repas à la maison et ceux d'un casse-croûte au bureau. Tout ce que vous jetez à la poubelle au travail est considéré comme déchet industriel ». Le projet prévoyait donc depuis le début le stockage de déchets industriels, sachant que la production de la Haute-Loire est estimée à un peu plus de 20 000 tonnes par an.
Sita-Suez vs Pizzorno ?
Enfin, le projet de Cayres-Séneujols n'entre-t-il pas en concurrence avec celui de Saint-Beauzire, mené par la société Pizzorno? C'est encore une réponse négative que fournit Vincent Borel. « A l'Ouest de la Haute-Loire, il n'y a pas de problématique de gestion des déchets, car ceux-ci sont intégrés au Valtom [Ndlr : syndicat pour la valorisation et le traitement des déchets ménagers des collectivités du Puy-de-Dôme et du Nord de la Haute-Loire] qui est en train de se doter d'un outil performant à Clermont-Ferrand. Et à l'Est, il n'y a pas de besoin non plus puisqu'il existe des centres de stockage publics comme à Tence ou à Saint-Just-Malmont. Seul le centre n'a pas de solution et continue à exporter ses déchets hors département, comme dans la Drôme ou l'Allier ». Nul doute que ces arguments ne convaincront toujours pas les opposants, qui restent plus que jamais mobilisés.
Annabel Walker
jg - le 29 juin 2012 - 11h20 Signaler un abus
Le grenelle de l'environnement imposait une réduction de 5% par des déchets ultimes c'est à dire de ceux qui sont destinés à l'enfouissement ou à l'incinération. Cet objectif est déjà difficile à tenir, de ce fait le chiffre de 10% de déchets ultimes annoncé pour le bassin du Puy semble bien optimiste. Par ailleurs est il bien logique que les conseillers généraux qui en 2001 ont voté pour le système de l'enfouissement soient les mêmes que ceux qui manifestent contre les CET ?
nv - le 26 juin 2012 - 23h19 Signaler un abus
Le chiffre de 60% de déchets à stocker après TMB n'est-il pas un peu "gonflé" car dans la solution Vacher il était annoncé à 10% ? Les chiffres on peut leur faire dire n'importe quoi. C'est bien connu...