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Débordements du 8 décembre : quatre affaires à la barre

Date : 02/04/2019 | Mise à jour : 03/04/2019 06:24
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L'un a montré ses fesses et son sexe aux forces de l'ordre, un autre a recouvert un radar d'un film opaque... En marge de la manifestation des Gilets jaunes du 8 décembre, quatre dossiers étaient jugés par le tribunal correctionnel du Puy ce mardi.

- Photo d'illustration / DR Stephanie Marin / Archive Zoomdici.fr -

Si l'ampleur des débordemens avait marqué les esprits ce 8 décembre 2018, force est de constater que les faits présentés devant la juridiction vellave ce mardi 2 avril 2019 n'avaient rien de spectaculaire. Aucun des prévenus n'avait de casier judiciaire et les peines prononcées ne sont que des amendes, avec sursis.
L'un est soudeur, l'autre dans le BTP, un autre encore travaille à l'usine. Tous ont des revenus plutôt modestes et tous regrettent leur participation à la manifestation. Seul un d'entre eux participe encore aux rassemblements des Gilets jaunes.
Déjà, un premier dossier a été renvoyé au 1er octobre en l'absence d'interprète pour un jeune Marocain de 24 ans, poursuivi pour le seul fait d'avoir participé à un attroupement après sommation de se disperser.

"J'ai vraiment honte d'avoir baissé mon pantalon"

Le deuxième dossier concerne un Ponot de 48 ans, qui se déclare lui même alcoolique. Il n'aime pas la foule et ne comprend pas vraiment comment il s'est retrouvé dans la manifestation. Quand les forces de l'ordre ont demandé aux manifestants de se disperser, il a commencé à se dénuder. Bénéficiaire de l'AAH (allocation adulte handicapé), en CDD pour les Restos du coeur dans le cadre d'un programme de réinsertion, il ne se rappelle de rien et déclare à la barre : "j'ai vraiment honte d'avoir baissé mon pantalon".
Le représentant du Ministère Public Julien Castelbou s'est demandé s'il convenait plutôt de parler d'exhibition ou d'outrage (les peines sont les mêmes). L'avocate du prévenu a d'ailleurs souligné "aucun policier ou gendarme ne s'est dit outragé, et sur les photos, on le voit souriant, pas dédaigneux ou agressif". Après délibérations, le tribunal correctionnel du Puy a prononcé une peine de 500 euros avec sursis.

"Vous n'êtes pas le sauveur des radars non plus ?"

Le dossier suivant concerne un homme de 38 ans, domicilié à Bas-en-Basset. Le 7 décembre, à Monistrol-sur-Loire, il a entouré un radar fixe automatique de film opaque noir, de manière à ce qu'il ne puisse plus flasher. C'est un automobiliste qui l'a vu faire et qui l'a dénoncé, après avoir relevé sa plaque d'immatriculation. Interrogé sur son geste, il répond à la barre : "j'avais entendu d'autres Gilets jaunes qui voulaient brûler ce radar. S'ils le crament, c'est tout le monde qui paye, alors je me suis dit que ça éviterait qu'il soit brûlé".
Une défense qui n'est guère du goût de la présidente Marielle Aygalenq : "vous n'êtes pas le sauveur des radars non plus ? C'était quand même bien pour l'empêcher de fonctionner ?". Il le reconnaît mais son avocate soulève un cas technique car pour elle, il n'y a "aucunement dégradation, il a juste fait obstacle à la transmission des données de l'appareil". Pour elle, l'infraction ne tient pas et même si les réquisitions du Parquet sont plutôt clémentes, (en plus des faits de non dispersion, une peine amende de 1000 euros avec sursis), elle demande la relaxe. La décision a été mise en délibéré au mardi 9 avril.

"Le seul couillon qu'ils ont attrapé, c'est moi, mais j'ai rien fait"

Enfin le dernier Gilet jaune à se présenter devant les magistrats n'a pas d'avocat. Il est le seul à revendiquer encore manifester. Il est poursuivi pour des faits de violence contre un gendarme, toujours ce même 8 décembre, devant la préfecture du Puy-en-Velay. Ce soudeur de 46 ans, domicilié à Saint-Jean-de-Nay, nie tout en bloc. "Le seul couillon qu'ils ont attrapé, c'est moi, mais j'ai rien fait. Appelez le gendarme, c'est un menteur, je n'ai rien lancé".
Ce dernier n'était pas présent et ne s'était pas constitué partie civile. En tant que représentant de l'autorité publique, il est assermenté. "Votre accusation est grave car s'il ment, il peut être licencié", insiste le tribunal. Le prévenu n'en démord pas : "je n'ai rien lancé".
Compte tenu de la confusion et des doutes subsistant lors de cette interpellation, le représentant du Ministère Public lui-même a demandé la relaxe. Une suggestion suivie par le tribunal qui a tout de même condamné le quadragénaire à une peine amende de 500 euros avec sursis pour participation à un  attroupement après sommation de se disperser.

Maxime Pitavy




 
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