La zone du Péchay à Costaros était déjà un marais de 11 hectares, dont 8 en eau permanente. Mais, le Conseil général est en train de le réhabiliter pour le rendre plus écologique. Le point sur le chantier.
Depuis début septembre, les engins de SRVV Vacher ont investi le marais du Péchay à Costaros. Les travaux devraient s'achever avant la fin du mois d'octobre. Au-delà de sa valeur paysagère, aujourd'hui, le Péchay accueille une grande diversité de plantes mais aussi d'espèces.
Moins de moteurs et plus de faune
Une sorte de paradis des libellules, papillons, batraciens, oiseaux d'eau mais aussi oiseaux migrateurs. Pour préserver cet écosystème, il a fallu éloigner les voitures et autres moteurs du plan d'eau, tout en laissant la possibilité aux engins agricoles d'accéder aux parcelles périphériques. Désormais, un chemin, créé près des parcelles, est séparé des rives par un merlon. Pour l'instant en terre, celui-ci deviendra bientôt un véritable talus avec un mélange d’espèces prairiales locales.
Une mare artificiellePour faciliter la vie animale, l’îlot existant est agrandi et réaménagé en pente douce, ce qui crée des habitats et niches. Un arbre sec devrait même être installé au centre, comme reposoir pour les oiseaux.
Côté eau, une mare de 500 m² et de 0,2 à 1 mètre de profondeur a été creusée en queue d’étang. Pour mieux gérer les niveaux d'eaux et relever potentiellement l'étang de 20 cm par rapport au niveau maximum actuel, l'ouvrage hydraulique a été modifié. Enfin, pour les promeneurs, un observatoire en bois sera installé sur la rive nord du plan d’eau à côté de quatre tables de pique-nique et deux poubelles.
L'Europe contribue à 50%Bien entendu, les travaux en cours laissent des cicatrices dans le paysages. Elles devraient se réduire considérablement avec temps, mais aussi avec l'ensemencement et de nouvelles plantations (notamment 300 mètres de haies et 1200 m² de bosquets en bordure et en retrait du plan d’eau) prévus cet automne et au printemps 2012 par l’entreprise Roche Paysages.
Ce chantier devrait coûter 118 000 euros, dont la moitié est prise en charge par le Conseil général (au titre de la taxe départementale sur les espaces naturels sensibles) et l'autre, par le Fonds européen agricole pour le développement rural. La commune de Costaros, propriétaire du site, apporte un concours technique et assurera l’entretien. Elle sera aidée par les associations de chasse et de pêche locales. Cette restauration intervient après celle des narces de la Sauvetat, commencée au début de l'été.
Péchay : la réaction des pêcheurs
Côté pêche, les associations de Goudet-Arlempdes (env. 250 pêcheurs, elle gère les beaux de pêche de Costaros) et Le Pont de Chadron (env. 1 000 pêcheurs, troisième association de pêche du département) collaborent dans la gestion du plan d'eau.
Pour Lionel Martin, président de l'association Le Pont de Chadron, il ne fait aucun doute que cette réhabilitation est une très bonne chose : "le Conseil général et la commune ont associé directement les personnes concernées". Pour les pêcheurs, le travail consistera à vérifier régulièrement les populations de poissons et s'assurer que la période de frais (reproduction) est respectée, mais aussi garantir la bonne entente avec les chasseurs.
Le gros avantage, c'est l'amélioration de la vie aquatique car, auparavant, "il y avait trop de poissons. Ils étaient trop petits, ce qui signifie qu'ils n'avaient pas assez d'eau. Or, avec ce projet, le plan d'eau sera agrandi". Aujourd'hui, le plan d'eau compte quatre espèces : des truites arc-en-ciel implantées, une majorité de carpes, des tanches et quelques gardons. L'autre atout de cette rénovation, c'est le côté pédagogique : "on pourra multiplier les événements, comme la fête de la pêche avec les enfants, organisée pour la première fois en juin 2011".
Alexandra du Boucheron