Education

Carte scolaire : l'Inspection d'Académie rend sa copie

Alors que les mesures concernant la carte scolaire ne cessent de susciter maintes réactions depuis quelques semaines, l'Inspectrice d'Académie Françoise Petreault a rendu sa copie lundi soir.
Le CDEN (Conseil Départemental de l'Education Nationale), prévu initialement le 3 février, avait été boycotté par les organisations syndicales et la communauté éducative. Une semaine plus tard, après de multiples mobilisations locales aux quatre coins du territoire, la réunion pouvait se tenir en préfecture vendredi. Ce lundi soir, l'Inspectrice d'Académie Françoise Petreault rendait sa copie avec un mot d'ordre : "privilégier les classes".



Chambon-sur-Lignon et Langeac : même combat, même résultat ?
Alors que 19 postes doivent être rendus au ministère à la rentrée 2012, la balance entre ouvertures et fermeture devait offrir une marge de 3 postes. Après avoir reçu plusieurs délégations de parents d'élèves, la copie a été revue puisque l'école de Langeac ne perdrait qu'un demi-poste et fonctionnerait à la rentrée prochaine avec 6,5 classes. L'évolution des effectifs sera cependant scrutée jusqu'à la rentrée. L'école du Chambon-sur-Lignon est pour sa part sortie de la liste des fermetures.
Le secrétaire départemental UNSA Education Jean-Pierre Chambon souligne avec ironie : "faut-il préciser le nom du maire du Chambon-sur-Lignon ? Madame Wauquiez, mère de Laurent... Elle siégeait d'ailleurs au CDEN et semblait très tranquille. On n'a aucune certitude mais on peut penser qu'il y a eu une influence politique car les situations de Langeac et du Chambon sont très comparables, avec un CADA (ndlr : Centre d'Accueil des Demandeurs d'Asile) sur leur commune et une CLIS (ndlr : Classe d'Intégration Scolaire) dans chaque établissement. Les effectifs aussi sont à peu près comparables car le Chambon est un peu à l'écart de l'évolution démographique de l'Est du département. On a donc deux situations comparables et deux mesures pourtant légèrement différentes".



Un verre à moitié plein ou à moitié vide ?

Les remplaçants dans le collimateur

Les postes de Titulaires Remplaçants, avec six fermetures programmées, sont dans le collimateur de l'Inspection d'Académie qui justifie : "en Haute-Loire, on a un pourcentage de postes consacrés aux remplacements (8,91 %) bien supérieur à la moyenne nationale (7,56 %), ça nous laissait donc une marge pour prélever des postes". A la rentrée 2012, le taux altiligérien devrait ainsi retomber à 8,01 %.

Avec ces changements, la marge n'est désormais que de 1,5 poste avec une balance à -20,5, sachant que 19 postes sont toujours rendus au ministère. Françoise Petreault a tenu à clarifier la situation : "nous avons une évolution démographique importante de l'ouest vers l'est du département qui se doit d'être accompagnée d'ouvertures. J'ai souhaité mettre en réserve 1,5 poste qui pourra bien évidemment être affecté dans des écoles aux vues de la situation à la rentrée. On a quelques situations en observation, comme c'est le cas à Langeac [...] car il est difficile de faire des prévisions d'effectifs, elles sont quelquefois mises à mal au moment du constat, il est donc intéressant qu'on puisse se donner ce temps à la rentrée aux vues des effectifs réellement constatés pour pouvoir ajuster".
Si un premier pas a été fait, la marge est désormais moins importante pour la prochaine rentrée. Alors doit-on voir le verre à moitié plein ou à moitié vide ? "Il est bien vide car en fin de compte, elle devra rendre 19 postes", rétorque Jean-Pierre Chambon, pour les établissements entendus, c'est évidemment une bonne nouvelle, mais pour les autres écoles qui sont en attente et qui n'ont pas obtenu satisfaction, ce n'est pas de bonne augure même si elles ont toujours la possibilité de se mobiliser pour faire bouger les choses avec les parents d'élèves et les municipalités car si les inscriptions augmentent, l'Inspection d'Académie sera obligée de suivre en ouvrant des postes".



Les objectifs de l'Inspection d'Académie
Lors d'une conférence de presse organisée à l'Inspection d'Académie lundi soir, Françoise Petreault a pu définir les objectifs de la prochaine rentrée scolaire : "dans le premier degré, le premier objectif est de pouvoir accompagner les évolutions démographiques, tant en baisse qu'en hausse, en privilégiant les classes. Le deuxième objectif est de favoriser l'inclusion des élèves handicapés". Ainsi, une ULIS (ndlr : Unité Localisée pour l'Inclusion Scolaire) sera créée à Saint-Julien-Chapteuil à la rentrée prochaine et une CLIS (ndlr : Classe d'Intégration Scolaire) à Guitard. C'est un point très important sur lequel l'Inspection d'Académie a tenu à rappeler : "en quatre ans, on est passés de 492 élèves handicapés scolarisés en Haute-Loire à 1025 aujourd'hui".
Pour le second degré, le principal objectif sera de favoriser l'accueil des élèves de sixième "avec une reconsidération du travail qui était réalisé dans le cadre de l'aide personnalisée puisque maintenant, on a deux heures d'aides personnalisées pour chaque classe de sixième", précise Françoise Petreault avant de définir un deuxième objectif : "travailler sur le parcours de découverte des métiers et des formations dès la cinquième, tout en privilégiant beaucoup la quatrième et la troisième qui sont deux niveaux au plus proche de la sortie des élèves du collège et donc de la manière dont ils se déterminent par rapport à leur formation et aux choix de métier qu'ils feront".
L'Inspectrice d'Académie Françoise Petreault reconnaît la spécificité du département de la Haute-Loire et affirme qu'elle essaie au maximum de maintenir un maillage du territoire et un tissu scolaire extrêmement dense. Ecouter.





La carte scolaire, "un moment difficile"

24,61 élèves par classe dans les collèges de Haute-Loire

Depuis l'an 2000, les effectifs des collèges altiligériens ont augmenté de 5 500 à 6596 (prévisions) en 2012. Le taux d'encadrement a lui aussi augmenté, passant de 22,82 à 24,61 (prévisions) en 2012.

L'Inspectrice d'Académie reconnaît que la commande ministérielle de supprimer 19 postes n'est pas aisée à mettre en oeuvre mais demeure optimiste : "la carte scolaire est toujours un moment difficile. Nous avons un retrait de 19 emplois, ce qui est plus favorable par rapport à l'année dernière où nous avions dû rendre 29 postes donc je considère que nous avons un retrait qui est en diminution pour une baisse d'effectifs réelle puisque nous aurons 164 élèves en moins à la prochaine rentrée selon les prévisions".
Le secrétaire départemental UNSA Education partage ce sentiment : "l'évolution va dans le bon sens mais la douloureuse est toujours difficile à encaisser avec 19 postes de supprimés". Il entrevoit toutefois la possibilité d'une issue favorable : "il reste la possibilité que les prochaines élections présidentielles désignent un nouveau Président et qu'un nouveau gouvernement remette en cause ces suppressions de postes dans l'Education Nationale". Dès la rentrée prochaine ? "Pourquoi pas...".



Maxime Pitavy


Pour consulter le détail des mesures, lire notre précédent article (deux changements opérés au Chambon-sur-Lignon et à Langeac).

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Voir les 12 commentaires   Déposer un commentaire

  • L - le 17 février 2012 - 22h24 Signaler un abus
    Curieuse coïncidence, depuis la 1° vague de fermetures des postes de RASED, le nombre d'enfants handicapés est passé de "492 à 1025" ! Que fait-on quand un enfant a des grosses difficultés : on demande une AVS (Assistante de Vie Scolaire), qui est quelques heures avec lui en classe. Pour cela, il faut ouvrir un dossier à la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) ! Voilà comment on crée plus d' élèves handicapés, dont certains ne le seraient pas avec plus de postes RASED !

  • NG - le 17 février 2012 - 21h40 Signaler un abus
    Cessez de comparer l'école d'antan à l'école d'aujourd'hui. Le contexte est complétement différent ! Dans les années 60, les 27 heures de classe des enfants de primaire se divisaient en 2 matières : FRANCAIS et MATHS (et je dirais même "orthographe" et "calcul mental"). Aujourd'hui nous n'avons pas moins d'heures (et oui V !) mais les programmes imposent 13 champs disciplinaires allant des arts, à l'informatique en passant par l'anglais, l'éduction à l'environnement, à la santé etc ...

  • CT - le 14 février 2012 - 20h49 Signaler un abus
    Encore une fois c'est une HONTE... On supprime, on casse l'existant, ce qui fonctionnait... On jette l'éponge et corps enseignant est à bout de force !!! Mon fils, qui aurait eu pourtant une vocation d'enseignant, préfère aujourd'hui avec son BAC+5 en poche ne plus se lancer dans l'enseignement vu le salaire et les moyens dérisoires mis à sa disposition... ... Il ne faut pas se plaindre si la" vocation" tend à disparaitre...

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