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Carte scolaire : boycottée, la réunion est reportée

Date : 08/02/2019 | Mise à jour : 08/02/2019 21:46
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"Ça suffit les singeries !". C'est à ce moment que la trentaine d'acteurs a compris que la réunion n'allait pas se tenir, "soit vous quittez la salle, soit on discute", a ajouté le préfet, agacé de voir les représentants des parents d'élèves et ceux des syndicats multiplier les allers-retours pendant plus de 30 minutes entre la salle de réunion et l'extérieur, où des délégations des écoles menacées de fermetures exigeaient de rencontrer le représentant de l'État et l'inspecteur d'académie Jean-Williams Semeraro.

Ce vendredi 8 février, deux réunions étaient prévues pour la carte scolaire.  D'abord un Comité Technique Spécial Départemental (CTSD) le matin pour étudier une deuxième fois la carte scolaire des écoles pour la rentrée 2019. Déjà la première fois, les syndicats étaient restés sur leur faim.
"Cette réunion s'est tenue mais rien de nouveau n'a été proposé par l'administration par rapport au précédent CTSD", rapporte l'UNSA, qui mentionne "un vote unanime contre".
Jean-Marie Bayard, représentant FO au Comité Technique Départemental, ajoute : "d'entrée, l'inspecteur d'académie a annoncé qu'il n'avait aucune nouvelle proposition à formuler, donc au bout de 2h30 de débats, il n'y a eu aucune avancée concrète".

Soit une audience au terme du CDEN, soit avec les secrétaires généraux

La seconde réunion, le CDEN (comité départemental de l'éducation nationale), n'aura guère été plus fructueuse. Dès le matin, les syndicats avaient prévenu que les délégations des écoles menacées de fermetures de classe (Arsac, Cussac, Dunières, Félines, Sembadel, Montusclat, St-Geneys...) voulaient être reçues par le Préfet de Haute-Loire Yves Rousset et l'inspecteur d'académie Jean-Williams Semeraro.
"J'ai répondu favorablement à cette demande", nous confie le représentant de l'État, "mais seulement au terme de la réunion car il était l'heure d'ouvrir le CDEN, ne serait-ce que par respect pour la trentaine de membres venues des quatre coins du département". Devant le peu d'enthousiasme des syndicats et des parents d'élèves, qui refusaient d'attendre, une seconde option leur a été offerte : être reçu immédiatement par le secrétaire général de la préfecture ainsi que la secrétaire générale de l'Inspection d'Académie.

Un Préfet las de "ces actions dilatoires qui font perdre du temps à tous"

Cette proposition du Préfet a été refusée et "elle a donné lieu à une agitation, difficilement acceptable dans ce type d’instance", juge l'inspecteur d'académie, les organisations syndicales ont alors demandé une suspension de séance qui leur a été accordée afin que les représentants des parents rencontrent les délégations à l’extérieur. "À leur retour, l'agitation s'est amplifiée", déplore Jean-Williams Semeraro, puis ils ont voulu rencontrer les maires siégeant au CDEN.
Un a accepté, pas les autres et ce fut la goutte d'eau faisant déborder le vase préfectoral : "Ça suffit les singeries ! Soit vous quittez la salle, soit on discute", nous a-t-il confié avoir lâché, las de "ces actions dilatoires qui font perdre du temps à tous" alors que depuis plus de 30 minutes, les allers-retours avec l'extérieur s'enchaînaient sans la moindre avancée. 
D'un commun accord des syndicats FSU, UNSA et FO, ainsi que des représentants des parents d'élève, il a été décidé de boycotter le CDEN. Ces derniers, refusant de siéger, n'ont pas permis d'atteindre le quorum nécessaire à la bonne tenue de la réunion, qui est donc reportée à vendredi prochain.


Guerre des chiffres

Selon les syndicats, les chiffres fournies par l'inspection d'académie ne sont pas valides car même les demi-postes sont comptées comme des ouvertures, alors qu'ils ne constituent pas des ETP (équivalent temps plein).

Une carte scolaire "trop souvent gérée dans la précipitation et dans un cadre budgétaire restreint"

Sur le fond de la question, comme l'avait évoqué Zoomdici fin janvier, les syndicats dénoncent une carte scolaire "trop souvent gérée dans la précipitation et dans un cadre budgétaire restreint". Avec 8,25 fermetures pour 6,08 ouvertures, "le solde sera de nouveau négatif, avec presque trois postes de perdus pour la Haute-Loire, comme on lui demande", tranche Jean-Marie Bayard, de FO.
De son côté, l'inspecteur d'académie assure que depuis une semaine, il a reçu des délégations d'élus, de parents et d'enseignants dans le cadre d'un "dialogue suivi avec tous les acteurs de la communauté éducative". Quant au solde de la carte scolaire, il en offre une autre lecture : "avec un total de 16 ouvertures, sans compter les deux mesures liées à l’adaptation scolaire, pour 10 fermetures et le maintien de 4 classes, cette volonté d’accompagner les territoires trouvait une réelle expression dans ce projet de carte scolaire".


Maxime Pitavy


- Photo d'illustration / DR Maxime Pitavy / Archive Zoomdici -




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img_journalisteM le 12 février 2019 - 11h54
c 'est la mode en ce moment le peuple ou présumé tel veut décider de tout car il connait tout (contraintes budgetaires donc impots etc) les responsables sont des nuls à leurs yeux ca va être chouette si on les laisse même topo que les gj CHACUN VEUT CE QUI L ARRANGE

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img_journalisteA le 9 février 2019 - 11h49
Bel exemple de démocratie ! " Ferme la ou casse toi "

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img_journalistest le 9 février 2019 - 10h32
Une fois de plus, ces hauts fonctionnaires sont loin de connaitre la réalité du terrain et des classes surchargées !!! Quant on voit le comportement de ces dirigeants, on comprend que le but n'est pas de proposer une éducation de qualité. Eh oui, moins les enfant d'aujourd'hui donc les adultes de demain seront à même de réfléchir par eux même et plus ils seront faciles à gouverner et manipuler ! CQFD

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