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Carte scolaire : 13 fermetures de classes envisagées ''mais rien n'est figé''

Date : 31/01/2019 | Mise à jour : 01/02/2019 11:01
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L’Inspection d’académie de Haute-Loire a reçu les syndicats d’enseignants ce jeudi 31 janvier 2019 en Comité Technique Spécial Départemental (CTSD).

Au pied du parvis de l'Inspection d'académie de la Haute-Loire, enseignants, parents d'élèves et élus ont fait connaître leur incompréhension. Un sentiment qui a surgi suite à l'annonce qui a été faite de la possible fermeture de 13 classes dans le département dans le cadre de la carte scolaire 2019-2020. "Il (l'inspecteur d'académie, Jean-Williams Semeraro, Ndlr) annonce 13 fermetures de classe, il récupère 1,25 poste sur les directions et puis il ouvre réellement six postes. Monsieur l'inspecteur d'académie fait de l'enfumage parce qu'il y a des écoles où il n'y a que des demi-postes pour accueillir les petits le matin. Comme il a les effectifs, il dit ouvrir une classe entière. Mais en réalité il n'ouvre qu'une demi-journée, ce qui lui coûte beaucoup moins cher." Et Guy Thonnat, secrétaire de la Fédération de l'enseignement FO de la Haute-Loire d'ajouter : "Il y a des fuites vers le privé à cause de la politique menée depuis quelques années et notamment en ce qui concerne les quatre jours etc. Alors effectivement, il y a peut-être une baisse d'effectifs mais qui s'explique et qu'ils organisent.

Dans les écoles visées pour une possible fermeture, il y a notamment celle de Malpas, Dunières, Siaugues-Sainte-Marie, Mazeyrat-d'Allier, Langeac, Craponne-sur-Arzon ou encore celle d'Arsac-en-Velay. Patricia, Emilie, Michaël, parents d'élèves accompagnés de Nelly, une enseignante d'Arsac, étaient présents ce jeudi 31 janvier 2019 devant l'Inspection d'académie.



À Arsac, à la dernière rentrée, la décision avait été reportée d’un an. L’école compte 123 élèves, de la maternelle à l’élémentaire. Pour conserver ses six classes, elle devrait accueillir 130 enfants. Le seuil n’est donc pas atteint. Ce samedi 2 février à 11h, des parents d’élèves prévoient de manifester devant l’école avec des élus.

Du côté de Siaugues aussi, on ne cache pas son inquiétude de voir une classe fermée à la rentrée prochaine. Le maire, Gilles Ruat, était en première ligne du comité contestataire formé ce jeudi. "Je refuse une fermeture de classe sur le RPI (Regroupement pédagogique intercommunal) Siaugues et Vissac-Auteyrac. On nous propose une fermeture cette année alors que normalement nous sommes au-dessus du seuil. Mais Monsieur l'inspecteur pondère les élèves. Nous avons 14 petits et il nous en compte dix. Il estime que les petits ne viennent pas toujours, ce qui n'est pas faux par ailleurs, mais avec ce comptage on passe en-dessous du seuil. Il y a un ras-le-bol chez les élus d'avoir toujours à subir la pression de l'Etat pour maintenir le service public. Moi, j'en ai plus qu'assez !" Le maire de Siaugues, comme d'autres élus et parents d'élèves ont été reçus par Jean-Williams Semeraro juste avant l'ouverture du CTSD. Gilles Ruat n'est pas sorti plus rassuré de ce rendez-vous improvisé. 

Reste à savoir si cette annonce portant sur la fermeture de 13 classes, mais également celle concernant l'ouverture de six postes, seront validées lors du CDEN (Conseil départemental de l'Education nationale) qui est fixé au vendredi 8 février dans l'après-midi à la préfecture de la Haute-Loire (s'il y a report, ce sera le 15 février). L'heure était ce jeudi 31 janvier au dialogue avec les délégués syndicaux. "L'inspecteur d'académie assure que rien n'est figé, que ce CTSD est une réunion pour discuter", a précisé Jean-Marie Bayard, représentant FO au Comité Technique Départemental. Et de préciser : "Mais ce qu'il faut savoir, c'est que les documents d'aujourd'hui sont exactement les mêmes que ceux qui seront présentés au CDEN. C'est pourquoi nous lui avons posé la question : est-ce que ça va évoluer ou pas ? Ce à quoi il a répondu que la situation n'était pas complétement figée."

Au sortir du CTSD, vers 20h30, les délégués syndicaux étaient toujours inquiets. Dix fermetures de classes, plus un blocage à Dunières et huit ouvertures de postes, ont été soumis au vote. "On reste sur notre faim. Quant au problème des remplacements qui est de plus en plus fort sur le département, l'inspecteur d'académie nous a fait savoir qu'il n'avait pas l'intention de bouger", raconte Laurent Berne, délégué syndical FO. Parce que tous les délégués syndicaux ont voté contre ce projet de carte scolaire, un nouveau comité technique se tiendra le vendredi 8 février au matin, juste avant le CDEN.

>> Cliquez ici pour lire le compte rendu du CTSD par l'UNSA.
 

Remise en cause statutaire : + de 50% de grévistes en Haute-Loire

 
En même temps que les enseignants s'inquiétaient des 13 fermetures de classes annoncées, ils faisaient également valoir leurs revendications axées sur la remise en cause des droits statutaires à mutation. D'après Guy Thonnat, l'appel à la grève lancé par les trois syndicats majoritaires d’enseignants du premier degré public de Haute-Loire (Unsa, FSU et FO), aurait été suivi par "plus de 50% des enseignants". Mais après deux jours de mobilisation -- puisque les enseignants avaient déjà manifesté devant l'Inspection d'académie le mercrecdi 23 janvier sans faire grève toutefois -- "rien ne bouge pour le moment et rien ne bougera jusqu'à la prochaine commission administrative paritaire (qui aura lieu le 14 mars 2019, Ndlr)" a rapporté Jean-Marie Bayard après un entretien avec l'inspecteur d'académie.

Stéphanie Marin

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img_journalisteDC le 2 février 2019 - 10h59
Chaque année c'est la même chose. On supprime des classes dans l'enseignement public ! Et les mêmes responsables syndicaux depuis des décennies qui gèrent ou font semblant de s'offusquer mais gardent leurs décharges... loin des élèves ! Et l'enseignement privé ? La revendication fonds publics--école publique serait elle considérée à présent comme un blasphème par ceux qui se revendiquent "défenseurs" de l'école Publique et Laïque ? Il vaut mieux "s'associe" aux gilets jaunes!...

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img_journalisteT le 1 février 2019 - 17h17
C'est à désespérer : pour la recherche, plus d'argent, pour les EPHAD, plus d'argent, pour les hôpitaux, c'est la dèche, les lycées : on fait une réforme dans un strict but économique et pour les écoles, et bien on ferme plus que l'on ouvre, comme chaque année. Pourrait-on écouter les économistes qui affirment que l'austérité est un danger ?

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img_journalisteJB le 1 février 2019 - 08h46
Parlons de la scolarisation des enfants de 3 ans dans les écoles en classes unique. M. l'inspecteur nous impose leur scolarisation dans une autre école publique (la plus proche) sous convention. Veut on faire disparaître nos écoles rurales ? Elle coûte rien à l'état, c'est la commune qui prend en charge l'investissement et l'entretien des locaux, les frais scolaires et le personnel, etc. Socialement elles génèrent zéro problème. Le maire de ST Jean de Nay.

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