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CPAM : nouveau directeur, nouvelles ambitions

Date : 20/07/2012 | Mise à jour : 27/07/2012 14:01
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Depuis juin dernier, la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Haute-Loire a un nouveau directeur, Eric Luccioni, qui ne manque pas d'ambitions pour la caisse altiligérienne afin d'offrir de meilleurs services aux assurés, de développer d'autres activités et de viabiliser les emplois.

Intégrées dans la politique du gouvernement et la logique de réduction des coûts, les caisses primaires d'assurance maladie françaises s'amenuisent. S'il y en avait 129 il y a deux ans, il n'y en a plus que 100 aujourd'hui. Le nouveau directeur altiligérien relativise : "on voit bien pourtant que la Régionalisation ne conduit pas forcément à des économies, pour nous il était important que le niveau départemental des caisses soit conservé".
La Caisse de Haute-Loire n'a en effet rien à envier à ses homologues, puisqu'elle se situe au 53ème rang sur les 102 caisses en termes d'efficacité et au 43ème rang (sur 102) en termes de gestion par bénéficiaire, soit 59,50 € par bénéficiaire par an. Il y a certes le transport, qui représente un coût important compte tenu de la particularité de notre département, "mais la Haute-Loire n'est pas moins côtée, il ne faut pas avoir de complexe, il y a d'importantes villes à proximité, ce n'est pas si enclavé", assure Eric Luccioni.



En chiffres :

La CPAM de Haute-Loire emploie 201 salariés au service de 165 140 bénéficiaires. Chaque jour, les agents traitent environ 13 000 feuilles de soins, répondent à 470 appels téléphoniques et reçoivent 200 personnes dans la dizaine de points d'accueil dont elle dispose. En 2011, les dépenses de la CPAM représentent 478 millions d'euros, dont 97 % au titre des prestations versées, soit moins de 3% pour le fonctionnement et les coûts de gestion.

De nouvelles ambitions

La mission première de la "Sécu" consiste à préserver le capital santé de la population altiligérienne, en facilitant l'accès aux soins. Le nouveau directeur assure que sa caisse "cherchera à réduire encore ses délais de règlements et continuera à proposer des parcours attentionnés pour certains publics", tels que les femmes enceintes, les invalides ou encore les bénéficiaires de la CMU (Couverture Maladie Universelle). Les principales évolutions devraient ainsi porter sur le renforcement de l'accompagnement des professionnels de santé, la poursuite des actions contre la fraude et le déploiement de la nouvelle convention médicale.
Mais la CPAM de Haute-Loire ne s'arrête pas là, elle entend aussi innover sur la toile en favorisant le développement des services en ligne et des télé-services (compte Ameli) et déployer une offre de service en santé articulée autour de deux dispositifs : "Prado Maternité", pour faciliter le retour à domicile des femmes enceintes en sortie d'hospitalisation et sécuriser l'enfant, et "Sophia" pour l'accompagnement des patients diabétiques, de plus en nombreux en France et dont la prise en charge est lourde si la détection a lieu tardivement. Dans les deux cas, la CPAM souhaite aller à la rencontre de ses publics.



Une stratégie régionale et même nationale

Afin de développer la caisse de Haute-Loire, le nouveau directeur entend valoriser le savoir-faire de ses agents. Plusieurs stratégies sont possibles, comme la création de pôles d'expertise. Ainsi, depuis 2005, la Haute-Loire est dotée d'une plateforme de scannerisation des feuilles de soins, ce qui lui permet de gérer les documents de toute la région. Dans la même lignée, dès l'an prochain, la caisse altiligérienne traitera les cas d'invalidité de toute l'Auvergne.
"On va essayer de récupérer d'autres activités régionales et même inter-régionales, voire nationales", s'emporte le nouveau directeur. En effet, Paris devrait poursuivre sa décentralisation et des activités, des marchés, devraient être à reprendre. Eric Luccioni explique les stratégies employées par la caisse de Haute-Loire pour développer de nouvelles activités afin de valoriser le savoir et les compétences de ses agents, mais aussi de viabiliser les emplois. Ecouter.




Eric Luccioni a 38 ans. Il a fait ses études à Paris (Sciences-Po) avant de passer les concours sociaux. Il a été responsable d'un centre d'assurance maladie à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) avant de devenir sous-directeur de la caisse de Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, pendant sept ans. Il a assuré pendant trois ans l'interim de la fonction de directeur.
Il remplace à la tête de la CPAM de Haute-Loire Odile Pinéro, qui a pris la direction de la CPAM de Nevers, dans la Nièvre.

Plus d'erreurs que de fraudes

La lutte contre la fraude à l'assurance maladie reste en ligne de mire. En 2011, les économies réalisées au titre de la lutte contre la fraude s'élevaient à 186 354 euros. Sur ce total, cinq pénalités financières de 15 000 euros ont été décidées et trois dépôts de plainte ont été réalisés. Les Altiligériens ne sont pas plus fraudeurs que le reste des Français puisque le taux demeure sensiblement le même. "La fraude est marginale, il ne faut pas la diaboliser, la plupart du temps, il s'agit d'erreurs", tempère Eric Luccioni. Le gros des économies passe en effet avant tout par "un recours plus important aux génériques, mais aussi par la maîtrise des prescriptions d'antibiotiques, du volume des arrêts de travail, des frais de transport et de la consommation des médicaments. Ce sont les priorités fortes de la CPAM pour 2012", ajoute-t-il.



Les fraudeurs dans l'oeil du cyclone

"Mais pour les fraudes, il s'agit de l'argent du monde du travail et ça pose un problème éthique. On a plusieurs programmes de lutte contre la fraude développés depuis cinq ans", explique-t-il. Cette lutte s'articule autour d'une équipe dédiée, composée de quatre personnes qui exploitent les signalements réalisés par les "techniciens prestations", ainsi que les résultats des différents contrôles effectués sur pièces et les contrôles de présence des assurés en arrêt de travail. Pas moins de 600 visites ont été réalisées en 2011. "Les arrêts de travail sont plus difficiles à déjuger, on les comptabilise plus comme des abus que comme des fraudes", concède-t-il.



Cures thermales au frais du contribuable

La CPAM de Haute-Loire participe au CODAF (Comité Départemental Anti-Fraude) piloté par le préfet et le procureur de la République. En outre, le plan régional de lutte contre la fraude a fixé comme priorités pour 2012 les cures thermales, les actes infirmiers et les remboursements de transport. Un ambulancier altiligérien est d'ailleurs passé au tribunal correctionnel en mai dernier pour avoir fraudé près de 350 000 euros (lire l'article).


Maxime Pitavy

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Commentez

img_journalisteSR le 27 juillet 2012 - 13h54
une bonne gestion de la CPAM passe par une chasse sans relâche aux fraudeurs. ça responsabilise les prestataires et àa crée une justice pour un service acquis de haute lutte par nos parents et grands parents à une époque où il fallait se serrer les coudes.

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