Bien loin de l'image flamboyante diffusée par Michelin, les salariés du site de Blavozy expriment leur colère quant à des conditions de travail qui se dégradent. A l'heure où Michel Rollier, le PDG du groupe Michelin est passé en tête des patrons les mieux payés du CAC 40, avec un bond de 505 % de son salaire depuis 2009, les agents de Blavozy ne sautent pas de joie, loin de là. «
Certains de nos collègues ne parviennent même plus à joindre les deux bouts, c'est intolérable. Il y a des augmentations de tous les côtés sauf sur les salaires. […] Quand on veut nous faire croire que ce sont les actionnaires qui prennent des risques on a du mal à y croire, avec une augmentation du dividende de 78%, qu'ils essayent plutôt de vivre avec 1 200 euros par mois et là ils sauront ce que c'est de prendre des risques » dénonce Hervé Bancel, délégué syndical CGT. Pour symboliser cette stagnation des rémunérations, les représentants syndicaux estiment qu'entre un ouvrier en début de carrière et un deuxième qui possède plus de 30 ans d'expérience, la différence de rémunération moyenne se situe entre 1 et 1,5 euros. «
Ceci démontrent que les plus anciens sont mal payés et que les jeunes vont stagner toute leur carrière » poursuit Hervé Bancel.
Quid des accidents du travailOn est bien loin de la «
règle des trois tiers » qui devait permettre de répartir de manière égalitaire les bénéfices des entreprises entre l'investissement, les actionnaires et un dernier tiers pour les salariés. Outre les rémunérations, l'ambiance serait néfaste à l'intérieur des ateliers puisque le recours fréquent aux primes diviserait les salariés. Dans un environnement peu sain où 50% du personnel a plus de 50 ans, le transport de charges lourdes devient une problématique. Les accidents du travail et les arrêts maladie se multiplieraient. Sur ce sujet, les représentants syndicaux dénoncent une pression imposée sur les salariés qui souhaitent se mettre en arrêt maladie. «
Dans neuf cas sur dix, les personnes en arrêt de travail viennent quand même à leur poste et font du travail adapté.[...] Il y a une compétition d'usine à usine. C'est à celui qui aura le moins d'arrêt maladie sur l'année », s'insurge Pierre-Louis Chanal, délégué au CHSCT (Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail). Une méthode camouflée qui permettrait à la direction d'éviter de payer les charges liées aux arrêts maladie. Concernant la pénibilité, les représentants syndicaux demandent que soit mis en place le dépostage sur volontariat, le respect de la règle des 80 (âge et ancienneté) et la mise en place de postes aménagés pour les maladies professionnelles.
Une mobilisation à long terme ?Après des périodes de chômage partiel en 2009, les énormes bénéfices de l'entreprise depuis quelques mois sont très mal-perçus. «
Si ces 1,5 milliards de bénéfices étaient redistribués, comme cela devrait l'être, à l'ensemble des salariés de Michelin, on atteindrait 9 400 euros par salarié », expose le délégué syndical du site de Blavozy, s'estimant être à l'origine de l'activité et des bénéfices engendrés. Pour les 580 salariés du site altiligérien (sans compter les CDD et intérim), la dégradation des conditions de travail ajoutée à des demandes de productivité accrues soufflent un vent de mécontentement.
Mercredi 27 avril 2011, après une concertation dans les ateliers, un rendez-vous a eu lieu avec la direction pour demander des augmentations de salaire conséquentes sur les taux horaires et pour l'ensemble du personnel. Les représentants syndicaux et délégués du personnel se disent prêts à s'engager durablement dans une action de protestation pour obtenir gain de cause. Un groupe de salariés se joindra aux manifestations prévues ce dimanche 1er mai. D'autres actions sont envisagées si aucune avancée n'est enregistrée. Les insatisfactions pourraient ainsi s'exprimer le 13 mai lors de la journée des actionnaires et lors de l'inauguration prochaine des panneaux photovoltaïques sur les toits de l'usine (
lire l'article).
Contactée par nos soins, la direction du site Michelin de Blavozy n'a pas souhaité réagir aux revendications de ses partenaires sociaux.
RM
jC - le 19 mai 2011 - 02h05 Signaler un abus
c est la vérité qui est dite.Tu te voiles la face tous les jours en allant à l'usine.Tu n'aimes pas ta boite et pourtant tu ne veux pas en partir alors arretes de te lamenter.Les ponots ne vous croient pas vous les bibs quand vous vous plaigniez.Ils savent qu on y est bien dans cette usine alors arreter votre cirque grottesque fait d'hipocrisie et de mensonges.
pr - le 12 mai 2011 - 14h27 Signaler un abus
je viens de lire tous ces commentaires et je suis en pétard,tous ces petits connards qui ce permettent de porter des jugements sur notre vie a l'usine du puy ferait d'y faire un petit tour ,après 20 ou 30 ans on verra s'ils ont le même dialogue,sauf bien sur s'il ne sont pas partis avant ,on es peut etre pas en intempérie,comme certain le disent mais la nuit quant tu a mis ton petit cul bien au chaud sous tes draps nous les bibs ont bossent,a tous connaissez vous le 3/8 et autre poste pour juger
na - le 2 mai 2011 - 17h58 Signaler un abus
C'est incroyable de lire de telles conneries.j ai bossé chez Michelin il ya 2 ans environ pendant 12 mois en CDD.Malheuresement je n' ai pas pu etre embauché suite à un problème personnel.Le seul inconvénient que j'ai trouvé ce sont les 3/8.A part ça j aimais bien.Bien payé,bonne ambiance entre collègues et avec les chefs et des temps de pose à volonté.Parfois je travaillé à peine 6h et le travail demandé était fait.Alors la pression pour moi c'est du pipo et les gars étaient assez contents.