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Barrage de Poutès : les élus pas convaincus par le compromis

Date : 10/09/2011 | Mise à jour : 12/09/2011 12:54
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Le 18 juillet 2011, les élus du territoire du Haut-Allier ont été invités à une présentation par EDF d'un nouveau projet concernant le barrage de Poutès, à Monistrol d'Allier. Dans un communiqué que voici, le collectif pour le maintien du barrage s'interroge : « La solution de compromis présentée est-elle pertinente au regard des enjeux énergétiques, environnementaux, sociaux et économiques auxquels est confronté notre pays ? »

« Dans une première approche, le projet peut paraître intéressant, déconnecté de tout contexte extérieur. Mais une analyse fine conduit à se poser de nombreuses questions.
Les enjeux énergétiques restent fondamentaux, notamment au regard de la place des énergies renouvelables. Un article très documenté dans « Libération » du 29 juillet 2011 montre que « la part d'énergies propres dans la production française d'électricité stagne depuis 1997, loin de la percée tant vantée par le gouvernement… En 2010, cette part était de 14,6%, en légère baisse par rapport à 2009. Il y a 10 ans, la France s'était pourtant engagée à atteindre en 2010 une part de 21% ! [...] Le rythme de croissance (des renouvelables) ne parvient pas à compenser la baisse tendancielle de la production hydroélectrique, dans un contexte de hausse quasi-continue de la consommation ».


Le projet présenté, s'il maintient 90% de la production de l'usine de Monistrol d'Allier, conduit toutefois à la perte de production d'énergie de pointe qui se trouvera donc délocalisée vers des centrales à fuel, à gaz où à charbon. On initie le concept de décroissance pas très verte, à l'heure où l'on milite plutôt pour une ré-industrialisation de la France.
Sur le plan environnemental (hors énergie non productrice de gaz à effet de serre) beaucoup s'accordent sur le fait que l'argument saumon devient difficile à tenir. Car si globalement des efforts importants ont été menés sur la tête du bassin versant, la situation semble plutôt se dégrader sur l'aval. L'état sanitaire des poissons observés à Vichy ne cesse de se dégrader. De nombreux problèmes restent à étudiés, tel l'impact des silures sur les populations de salmonidés. Mais encore faut-il mettre les moyens pour comprendre tous les facteurs entrant en jeu. Ainsi depuis 2008 la station de comptage de Langeac reste inopérante, empêchant de comprendre ce qui se passe entre Vichy et le Haut-Allier.
D'autres facteurs sont volontairement occultés. Ainsi le ralentissement à la dévalaison est mis en avant pour supprimer la retenue de Poutès, mais à aucun moment la retenue de Vichy n'est pointée du doigt, alors que plus longue et concernant plus de poissons compte tenu de toutes les zones de frayères situées en aval de Monistrol et sur les affluents de l'Allier. Sa construction dans les années soixante a d'ailleurs marqué une étape nouvelle du déclin du saumon sur l'axe Loire-Allier.

L'avenir des sédiments (700 000m3) reste une préoccupation pour les élus du territoire.

Enfin le coût de l'opération pose interrogation : 13 à 14 millions d'euros pour produire moins d'énergie ! Sachant qu'il est fort probable qu'EDF ne sera pas seule à assurer ce financement et que notamment l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne sera sollicitée. Sur un budget qui n'est pas extensible, cela représente autant d'aides en moins pour les collectivités dans le cadre des travaux d'assainissement très importants pour la qualité des eaux de nos rivières (Lu sur le site de l'Agence : « Les subventions n'ont pas un caractère systématique. Leur attribution, voire la modulation de leur niveau, est fonction des possibilités financières de l'agence et de l'efficience attendue des projets concernés »).


Finalement les élus s'interrogent sur la pertinence du projet : le compromis n'est pas toujours le bon choix, et l'amélioration par touches successives d'un ouvrage autour duquel un nouvel équilibre écologique s'est établi depuis 70 ans leur semble préférable, bien que moins médiatique. La participation à la réunion du 18 juillet de nombreux élus ne vaut évidemment pas adhésion au projet, et l'avenir du barrage ne peut se dissocier de la stratégie globale de notre pays : indépendance énergétique, sortie du nucléaire, diminution des gaz à effet de serre, développement de la voiture électrique, exploitation des gaz de schiste, etc. »


> Lire notre article sur le compromis proposé

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img_journalisteAnonyme le 29 juin 2012 - 19h13
il est sur que poutès n'est pas le seul responsable de la raréfaction du saumon, les truites ne pratiquent pas l'avalaison et la dévalaison, mais elles disparaissent de nos rivières à une vitesse Grand V et je pense que la pollution des villages et villes ainsi que les avions n'y sont pas pour rien. On ne peut pas revenir à l'époque des boeufs et pourtant?

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img_journalisteAnonyme le 12 octobre 2011 - 21h06
je me souviens d'une ancienne ministre ecologiste (Mme Voynet) qui sur le Doubs a fait remettre en état les chaussées et petits barrages.......

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img_journalisteAnonyme le 12 octobre 2011 - 17h15
Il est de notorieté publique que s'il n'y a plus de saumons, ce n'est pas la faute des barrages et seuils en rivière, mais à cause de la polution de toute sorte qui empoisonne nos rivières. Ne vous trompez pas de cible messieurs" les grands défenseurs de saumons", les seuils et barrages existent depuis des siècles, du temps ou les cours d'eau regorgeaient de poissons...Préservons et développons l'énergie hydraulique, la plus propre et la plus performante de toutes les énergies.

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