“Nous voulions nous marier”, explique le prévenu pour signifier à quel point leur relation était sérieuse. Le couple qui a visiblement toujours eu une relation tumultueuse en était arrivé à se déchirer, puis finalement à se séparer en avril 2012. Le prévenu supportait mal la séparation, et avait menacé de se suicider. Il faisait pression depuis un long moment sur son ex-petite amie. Il avait demandé le 30 mai, lors de sa comparution immédiate, un renvoi de l’affaire à ce mardi 3 juillet 2012.
Vol avec violence et séquestrationLe tout commence le 28 mai 2012 lorsqu'après leur séparation, le prévenu n’accepte pas la nouvelle et supplie son ex-petite amie de venir le voir à l’hôpital ponot Emile Roux où il serait admis pour une opération. Après avoir vérifié l'information, qui est finalement totalement fausse en l'occurrence, la jeune femme décide de repartir mais le prévenu ne l’entend pas de cette oreille; il l’a bouscule violemment, brise son propre téléphone portable, vole celui de la jeune femme et de son amie qui l’accompagnait ainsi que son sac à main. Il est ensuite interpellé plus tard, au stade Massot, où il se rend sans aucun signe de violence.
Condamné à plusieurs reprises pour vol et violence aggravée
Au moment des faits, le prévenu était en état de récidive légale ayant était condamné en 2010 pour violence aggravée. Depuis 2005, le jeune homme avait été condamné plusieurs fois pour les mêmes faits, c’est-à-dire vol et violence aggravée.
Le problème est qu’un autre incident vient à la mémoire de la jeune fille après le passage de l’hôpital. L’homme l’aurait séquestrée de 15 heures à 22 heures sans pour autant la violenter, mais en lui hurlant dessus, le 13 avril 2012. Le prévenu se défend en expliquant que tout n’est pas exact, mais le procureur ne l’entend pas de la sorte et au vu du casier de ce dernier, il demande la peine plancher qui est de deux ans d’emprisonnement.
Suivi depuis six mois par un psychologue
Conscient de son problème de violence, le prévenu est suivi depuis fin 2011 par un psychologue.
Une enquête mal menée ?D’après l’avocate du prévenu, l’enquête a été mal entreprise par les forces de l’ordre. Un témoin qui avait donné son numéro pour témoigner n’aurait pas été contacté. De plus, une caméra de surveillance est présente à l’endroit où a eu lieu l’altercation, même si cette dernière ne fonctionne pas, quelqu’un est présent derrière les écrans :
“pourquoi cette personne n’est pas intervenue si violence il y avait ?” questionne l’avocate.
La version de la jeune femme n’est pas plus claire, elle est revenue sur ses déclarations dans des lettres à la présidente en expliquant que son petit ami ne l’avait ni violentée ni séquestrée, qu’elle se sentait faible en ce moment là :
“ce n’est pas si grave que ça, j’ai exagéré les choses, je suis victime de rien, je me sentais seule.” Le jeune homme justifie son comportement par son enfance au cours de laquelle il a subi les violences de son père sur sa mère au Maroc. Il explique qu’il ne voulait qu’une explication et qu’elle ne l’écoutait pas alors cela l’a énervé.
Neuf mois d’emprisonnement pour vol et violenceLe jugement tombe, même si le prévenu est relaxé pour la séquestration, il est reconnu coupable de vol et violence. La peine plancher n’est pas appliquée en raison du contexte passionel évident.
Le prévenu écope alors de neuf mois d’emprisonnement ainsi qu’une révocation partielle d’un sursis de trois mois, ce qui ramène la peine à 12 mois d’emprisonnement.
Laetitia Achilli