Faits divers

Affaire Agnès : une reconstitution sous haute surveillance

Un important dispositif de sécurité avait été mis en place ce vendredi après-midi au Chambon-sur-Lignon : pas moins de 150 gendarmes étaient mobilisés pour la reconstitution des faits par le meurtrier présumé dans l'affaire Agnès.
Une reconstitution du meurtre d'Agnès (lire l'article) a eu lieu vendredi sous haute surveillance, en présence du meurtrier présumé, un camarade âgé de 17 ans au moment des faits et majeur depuis. Mathieu, qui était en classe de 1ère au collège-lycée cévenol, est arrivé ce vendredi dans l'enceinte de l'établissement casqué, dans une fourgonnette de la gendarmerie.
Le procureur de Clermont-Ferrand Pierre Sennès, celui du Puy-en-Velay René Pagis ainsi que deux juges et les avocats de chaque partie étaient sur les lieux, quadrillés par 150 gendarmes.



Aucune déclaration

Tout au long de la journée, un cortège de véhicule a défilé aux abords du lycée. Ce n'est que vers 16h30 que la reconstitution des faits, initiée vers 14h, s'est terminée. Mais les fourgonnettes sont reparties, et ni le procureur, ni aucun avocat n'a souhaité faire de déclaration à la presse présente sur place, pourtant venue en nombre puisque de nombreux médias nationaux avaient fait le déplacement. Toute la journée et sous le soleil, à trois kilomètres des lieux du drame, une nuée de journalistes a attendu une réaction, en vain.
Le principal suspect, qui a avoué le crime et était déjà connu de la justice pour un viol présumé dans le Gard, est assisté de Me Joëlle Diez, du barreau de Haute-Loire, et de Me Isabelle Mimran, de celui de Nîmes. Les avocats des parents d'Agnès Marin, dont Me Francis Szpiner, du barreau de Paris, étaient également venus.



Une reconstitution "indécente" et "imbécile" à 15 jours des vacances scolaires
L'auteur présumé, en détention provisoire depuis sept mois et qui n'aurait pas exprimé de regrets, devait reprendre pas à pas le chemin suivi jusqu'au drame, et reproduire ses gestes. Pour représenter la victime, un mannequin comme ceux qu'utilisent les plongeurs portant un haut rose avait été dépêché. Durant toute cette reconstitution, il était accompagné des différents magistrats et avocats, mais aussi de membres de l'établissement. Heureusement, aucun élève n'était présent.
L'établissement scolaire a en effet été déserté ce vendredi à l'initiative des parents d'élèves et de la direction. La reconstitution est "indécente" et "imbécile" à 15 jours des vacances scolaires, s'est insurgé Jean-Michel Hieaux, vice-président du conseil d'administration du collège-lycée. Il explique que la date de la reconstitution des faits n'a pas pu être déplacée et se dit bluffé par la maturité des enfants qui ont plutôt bien réagi face à ce drame. Ecouter.




Le gouvernement Fillon, en réaction au drame, a fait voter en mars dernier le principe que la justice informe les chefs d'établissements scolaires si un élève est placé sous contrôle judiciaire pour des crimes ou délits violents ou de nature sexuelle.

Un dossier qui restera gravé

Difficile donc d'en dire plus tant la communication a été verrouillée. Une chose est sûre, la reconstitution aurait pu durer beaucoup plus longtemps. Pourquoi a-t-elle alors été écourtée ? le meurtrier présumé s'est-il montré particulièrement coopératif ? A-t-il eu au contraire une attitude dédaigneuse contraignant chaque parti à en rester là ? Nous en serons probablement davantage lors de son procès qui pourrait arriver dès 2013, tant la Justice semble pressée d'entériner ce dossier. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité et devrait être jugé par la Cour d'assises de Haute-Loire.
En attendant, nul doute que ce drame restera à jamais gravé dans de nombreuses mémoires, compte tenu de la barbarie de l'acte, qu'il s'agissait de mineurs dans un établissement scolaire, mais aussi de la problématique de la récidive et des réponses que doit apporter la Justice.

Maxime Pitavy

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  • l - le 25 juin 2012 - 07h18 Signaler un abus
    franchement ils aurez pu attendre que l'année scolaire soit terminée!!!! les élèves n'avaient pas besoin de ça surtout en période d'examen.

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