Acte III des Gilets jaunes : un quadra condamné à un an de prison sur zoomdici.fr (Zoom43.fr et Zoom42.fr)
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Acte III des Gilets jaunes : un quadra condamné à un an de prison

Date : 07/01/2019 | Mise à jour : 08/01/2019 08:47
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L’homme de 44 ans avait été présenté le 3 décembre 2018 devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay. L’ordonnance d’une expertise psychiatrique avait eu pour effet de reporter le jugement du Ponot placé alors sous mandat de dépôt.

Comme lors de l’audience du 3 décembre 2018, des Gilets jaunes sont venus soutenir cet homme âgé de 44 ans, ancien animateur d’une association ponote, présenté devant le tribunal correctionnel du Puy ce lundi 7 janvier 2019. Des soutiens qui ont d'ailleurs lancé une pétition sur Internet pour "une défense collective des Gilets jaunes de la Haute-Loire". Et comme le 3 décembre dernier, le préfet de la Haute-Loire, Yves Rousset, a également assisté à l'audience.

Quatre infractions commises en marge de l’acte III du mouvement des Gilets jaunes, le 1er décembre 2018, étaient reprochées au quadragénaire originaire du Val-d'Oise et domicilié au Puy : participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens ; violence aggravée par deux circonstances (jets de projectiles et de liquide) suivie d’incapacité totale de travail (ITT) sur deux policiers ; dégradation ou détérioration du bien d’autrui par deux circonstances aggravantes.  

Le 1er décembre 2018, au Puy-en-Velay

Le samedi 1er décembre 2018, le mouvement des Gilets jaunes, pourtant calme en matinée, avait pris un nouveau tournant en début d'après-midi. L’intrusion des Gilets jaunes dans la cour d’honneur de la préfecture de la Haute-Loire était l’introduction du scénario le plus sombre qu’a connu le mouvement des Gilets jaunes en Haute-Loire jusqu’alors. Le dépôt de pneus et la menace d’un possible incendie dans cette cour avaient justifié l’ordre du préfet de faire évacuer les manifestants par la force. Un feu avait alors été allumé devant la préfecture. Jets de pavés, entre autres projectiles d’un côté du portail de la préfecture, jets de bombes lacrymogènes de l’autre de la part des forces de l’ordre pour que les manifestants se dispersent, en vain. Jusqu’à l’incendie de la préfecture.

Reconnu par des policiers à l'hôpital 

Ce dernier fait n’était cependant pas reproché au prévenu de ce jour. Et pour cause, au moment où les flammes dévoraient l’aile droite de la préfecture, l’homme se trouvait à l’hôpital, blessé lors de sa participation à la manifestation. C’est à cet endroit qu’il a été reconnu par l’une de ses deux victimes, des policiers, puis interpellé et placé en garde à vue. Dans leur déposition, les deux policiers identifient l’homme comme étant « un des manifestants les plus remarqués, un individu hors de lui ». Toujours d’après les témoignages des policiers, le prévenu était l’un des auteurs de jets de projectiles, « des tirs tendus qui ont touché les boucliers et en cloche pour passer des obstacles », rapporte le président du tribunal André-Frédéric Delay. Il aurait également lancé sur les forces de l’ordre du liquide qualifié de « dangereux », sans qu’il ne soit avéré qu’il s’agisse d’acétone, d’ammoniaque ou d’essence comme cités par certains témoins. Pour le prévenu « c’était de l’eau ». Il a toutefois reconnu avoir jeté des projectiles et renvoyé des palets de lacrymogène « dans la direction » des policiers et gendarmes « sans avoir visé quelqu’un », ainsi que d'avoir attisé le feu allumé devant le grand portail de la préfecture avec de l'huile. « Je venais juste voir ce qui se passait, faire acte de présence. Ça n’aurait jamais dû en arriver là. J’avais l’impression qu’il fallait que je me défende », a-t-il précisé au tribunal.

S’il souffre de troubles psychiques, la « dangerosité psychiatrique » de l’homme n’a pas été établie par l’expert psychiatre. Reconnu coupable des quatre infractions citées plus haut, le quadragénaire a été condamné à 24 mois de prison dont 12 avec sursis assortis d’une obligation de soins psychiques et d’addictologie ainsi que d’une obligation de trouver un travail ou une formation. Le maintien en détention n’a pas été prononcé par le tribunal.

Stéphanie Marin

 
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