Loisirs

8 000 kilomètres en vélo solaire

Vous l'avez peut-être déjà croisé sur le bassin du Puy sur son tricycle couché et abrité de panneaux solaires : le Ponot Sylvain Machefert a conçu lui même ce véhicule et va participer dans quelques jours au Sun Trip, un challenge reliant la France au Kazakhstan en vélo solaire.

Le Sun Trip propose de rejoindre la capitale du Kazakhstan, Astana, en vélo solaire, avec un départ prévu le 15 juin prochain depuis Chambéry, en Savoie. Sylvain Machefert devrait partir encore un peu plus tôt, le 11 juin, depuis son entreprise Cegeco à Brives-Charensac, son principal partenaire pour cette aventure.
L'organisation a jusqu'à présent enregistré 35 participants, en solo ou en duo. L'altiligérien a opté pour la course en solo, "pour pouvoir m'éloigner quelques jours si je veux voir un site particulier ou emprunter une route secondaire", mais il partira tout de même avec une poignée d'amis, un groupe qui depuis le début s'entraide pour parfaire la réalisation de leurs véhicules solaires. A priori, ils devraient rouler ensemble.


Deux façons d'aborder le challenge
Comme l'explique le Ponot, il existe deux possibilités : "la compétition en essayant de réaliser les 8 000 kilomètres le plus vite possible, certains l'annoncent en 40 jours, ou alors en réalisant le meilleur blog de voyage", l'alternative dans laquelle il s'engage. "J'y vais plutôt pour vivre des émotions intenses, partager des moments forts et via facebook, je pourrai poster des photos et des anecdotes".
En parallèle, il tiendra aussi un blog de voyage mais "l'aventure, c'est pour moi le premier objectif", souligne-t-il sans oublier "et faire avancer aussi la cause écologique et les progrès technologiques qui peuvent être liés avec la mobilité douce, par véhicule solaire". Ce sera donc pour lui une aventure humaine avant d'être une aventure sportive.


>> Sylvain Machefert explique brièvement le fonctionnement de son vélo solaire :


 


{{encadre2}}Une ode à l'énergie solaire
Réaliser une telle distance en vélo solaire, c'est aussi démontrer que ce type de véhicule peut s'utiliser au quotidien et tenter de le démocratiser . Sylvain Machefert, qui est informaticien au Puy, assure : "je l'utilise tous les jours pour aller au travail et on ne cesse d'améliorer nos modèles". Si le vélo fonctionne à l'énergie solaire, il accompagne l'effort mais il faut quand même pédaler... et bénéficier d'un ciel dégagé. "Je n'amène pas de chargeur donc je ne fais confiance qu'au soleil", commente-t-il.
Pour lui, aucun doute, le solaire, c'est l'énergie de demain : "le soleil, c'est libre, personne ne pourra nous le vendre alors qu'avec le pétrole, ils le mettent dans des bidons et nous le vendent au prix qu'ils décident... On suit le même chemin pour l'eau mais le soleil, personne ne pourra nous le retirer et on peut aller loin avec ! ".


Pour le Ponot, le budget pour participer à cette course est peut être moindre car il possédait déjà un vélo, un panneau solaire, une bonne partie de la motorisation... En moyenne, il faut compter 8 à 10 000 euros par participant. Une bonne partie de ce financement est pris en charge par les partenaires et sponsors.

Un périple de 8 000 kilomètres à travers l'Europe
Pour le trajet intégral, il table sur environ trois mois, en réalisant une centaine de kilomètres par jour. Difficile cependant de faire des prévisions car son avancée sera tributaire des conditions météorologiques, mais aussi des rencontres qu'il réalisera sur place. Dans sa remorque, le Ponot a d'ailleurs prévu d'amener son accordéon, "car je fais un peu de musique et j'adore les mélodies des Balkans", précise-t-il. Cet instrument sera aussi probablement un excellent moyen de faciliter les rencontres.
A priori, l'altiligérien devrait traverser l'Italie jusqu'en Slovénie avant de plonger vers la Croatie, la Serbie, la Bulgarie, la Turquie et peut être même la Géorgie. Il lui faudra ensuite rallier la Russie et enfin le Kazakhstan. Il compte faire une partie du retour en vélo solaire et en profiter pour voir d'autres coins où il ne sera pas encore passé, avant de prendre l'avion ou le train sur la route du retour.


Système D
Concernant l'hébergement, plusieurs alternatives s'offrent aux participants : "l'hébergement chez l'habitant, les campings officiels, le camping sauvage, les réseaux d'accueil comme couchsurfing ou exceptionnellement un petit hôtel mais l'idée, c'est plutôt de marcher à la débrouille, c'est pourquoi on doit tous partir avec une tente et un réchaud".
Il faut donc s'équiper d'un matériel de bivouac car pour les vivres, c'est la même chanson : "il faut prendre un petit stock et le renouveler au fur et à mesure". Il faut donc se débrouiller tout seul, il n'y a pas d'assistance, l'itinéraire est libre, la vitesse également, il y a juste un point obligatoire à Sotchi, en Russie, où seront organisés les Jeux Olympiques d'hiver en 2014, "une abberation écologique pour l'une des villes les plus au Sud de Russie", déplore-t-il dans une ultime digression.


Maxime Pitavy

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