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15 000 visiteurs par an dans les Gorges de l’Arzon ?

Date : 11/02/2020 | Mise à jour : 16/02/2020 09:39
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L’Agglomération du Puy se donnera-t-elle le temps de la concertation ? Avant de lancer le projet qui s’étend sur 60 hectares à Saint-Pierre du Champ, en partie sur le site Natura 2000, un collectif demande de reporter le vote, prévu ce mercredi soir, afin d’intégrer les habitants, les randonneurs, les chasseurs et les pêcheurs à la concertation.

Ce mercredi 12 février 2020, les élus de l’Agglomération du Puy-en-Velay doivent se réunir en conseil communautaire. Parmi les quelque 90 points à l’ordre du jour, ils sont censés se prononcer sur le projet d’espace de découverte et de loisirs dans les Gorges de l’Arzon à Saint-Pierre du champ à horizon 2024.

Un collectif s’est créé en réaction. Intitulé « Défense de l’environnement et de protection de la biodiversité sur la commune de Saint-Pierre du champ », il a demandé le report du vote afin de recevoir de plus amples informations sur le projet. Après de multiples sollicitations des élus depuis le mois d’août, qui sont restées sans réponse, le collectif a lancé un appel par voie de presse la semaine dernière, invitant la population à se joindre à lui.
Les membres du collectif ont finalement obtenu un rendez-vous, ce mardi 11 février 2020, au matin, en mairie de Saint-Pierre du champ avec le maire Didier Danthony et le rapporteur du projet au sein du Conseil d’Agglomération, Jean-Benoit Girodet. « Nous avons rendez-vous avec le président de l’Agglo, Michel Joubert, ce mercredi à 16h, pour lui demander d’ajourner le vote, nous confie Didier Danthony, et je pense, a priori, qu’il le fera ». Si l’Agglo ne diffère pas le vote, le collectif prévoit de le contester auprès du tribunal administratif ; il vient d’ailleurs de se procurer les services d’un juriste.

Voter pour lancer l'étude d'impact environnemental

L’ensemble des hypothèses d’investissement représente, pour l'heure, 935 000 euros hors taxe, hors maîtrise d’œuvre. Mais ce n'est pas sur le budget que la centaine d’élus est amenée à voter ce mercredi soir à la salle Jeanne d’Arc du Puy-en-Velay. Sur quoi alors précisément ? Sur le principe d’aménagement des Gorges de l’Arzon, le principe du phasage du projet en fonction des études engagées et des capacités financières de la collectivité (qui sollicitera des subventions), mais aussi sur la phase 1 du projet telle que présentée dans l’étude de faisabilité du 30 décembre 2019.

La LPO et le CPIE ont été contactés mais ne se sont engagés à rien. Le cabinet d'études envisage de leur demander de faire des visites guidées (le CPIE en fait déjà dans le cadre de Natura 2000) mais ce n'est qu'une hypothèse pour l'instant. « J'attends le projet précis pour d'abord réaliser l'étude d'impact », nous précise Jean-Noël Borget, chargé de mission au CPIE.

Cette première phase consiste à :
- Réaliser une étude d’impact environnemental obligatoire sur le site classé Natura 2000 par le CPIE (Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement) qui gère le site. Cette étude doit également permettre de valider l’opportunité et la faisabilité d’un accès direct au fond des Gorges (question du croisement des véhicules sur la route de la Bergue).
- Remettre en état les chemins et matérialiser des boucles sur le plateau et dans les gorges dans la continuité de ce qui a été engagé avec le chemin des légendes, vers le plateau de Nolhac et si possible (élargissement du périmètre de l’étude) vers l’ancien village d’Arzon du côté de Chomelix. Cette remise en état devra également permettre une mise en sécurité du site en collaboration avec le service départemental des sapeurs-pompiers car les Gorges de l'Arzon ont connu l'un des incendies de forêts les plus virulents de l'histoire de la Haute-Loire il y a une quarantaine d'années. « La sécurisation du site pour éviter les chutes est aussi l'une des premières opérations envisagées car certains lieux sont actuellement dangereux », précise Jean Mochon, du cabinet d’études La Belle Idée, du Rhône, mandaté par la commune de Saint-Pierre du champ et l’Agglomération.
- Préciser le positionnement des parkings et explorer la mise en place des possibilités de navettes (accès depuis les gares Sncf de Vorey et Retournac puis répartition des flux de visiteurs vers le plateau et/ou les Gorges).
- Etudier la construction de la Halle, lieu d’accueil de 300 à 600m2, idéalement sur le site de l’auberge de Saint-Pierre du champ dont l’éventuel repreneur (les derniers aubergistes ont jeté l’éponge à l’automne) deviendrait gestionnaire s’il le souhaite. De quoi offrir une activité hors saison à l’auberge et revitaliser le bourg dont les commerces pâtissent.
- Définir plus précisément les besoins en équipements sur les différentes zones
- Mettre en place un premier espace de jeux à proximité de l’Auberge pour donner envie aux habitants comme aux visiteurs.
- Valider les possibilités d’investissements et un modèle économique d’exploitation de certains équipements.
- Créer la structure support (possible SCIC) ou concéder l’exploitation.

En train depuis Lyon et Saint-Etienne

Le gros du projet ne sera donc pas engagé ce mercredi même si le vote a lieu. L’inquiétude majeure du collectif est de voir affluer des touristes en masse, avec l’impact environnemental qui s’en suit. Le projet table, à terme, sur environ 15 000 visiteurs par an. Des visiteurs qui viendraient essentiellement en train jusqu’à Vorey et Retournac depuis les bassins stéphanois et lyonnais. « Là-bas près de 25 % de la population n’a pas de voiture », nous précise Jean Mochon. Depuis Saint-Pierre du champ, les visiteurs partiraient dans les Gorges de l’Arzon à pied, à VTT ou VTC. Seules les personnes à mobilité réduite descendraient dans les Gorges à bord de navettes électriques, à terme sans chauffeur. « Le groupe Bertolami viendrait ici pour tester avec une navette à pile à hydrogène, envisage Jean Mochon, ils ont déjà fait deux saisons comme ça à Val Thorens. » Seules trois ou quatre places de parking seraient créées sur le site de la Bergue, ainsi qu’un parking à vélo à l’entrée de Nolhac.

Après une première réunion publique le 27 juillet 2019 où les suggestions des habitants ont été recueillies, une deuxième rencontre devrait être organisée par le cabinet La Belle Idée au printemps.

Pour le collectif, les belles paroles du cabinet La Belle Idée sont à prendre avec suspicion. « En gros, ils disent ‘faites-nous confiance’ mais nous on n’a pas confiance », insiste Michel Burellier pour le collectif. Car la trentaine de membres a été échaudée par ses nombreuses sollicitations restées sans réponse depuis cet été. Elle a même dû faire appel à la Commission d'accès aux documents administratifs pour obtenir le cahier des charges. « On n’a jamais fermé la porte, justifie Didier Danthony, le maire de Saint-Pierre du champ, mais le projet a dû être révisé trois fois à mesure qu’on découvrait l’impossibilité des pistes envisagées, j’aurais dû dire au collectif qu’on revoyait la copie entre juillet et décembre, nous n’avons eu l’étude finale que le 30 décembre, ensuite j’ai eu des soucis de santé et je n’ai bien regardé que mi-janvier. »

Un cahier des charges "excellent"

Ce que le collectif demande depuis le début c’est d’intégrer le comité de pilotage du projet, mais aussi que les fédérations départementales de randonnée, chasse et pêche, les accompagnateurs de moyenne montagne, la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) et les agriculteurs y soient associés, comme prévu initialement dans le cahier des charges élaboré en octobre 2018 par les techniciens de l'Agglo, jugé « excellent » par le collectif. Pour l’instant ce comité de pilotage ne comprend que la commune, l’Agglo et les techniciens de l’Agglo. Jean-Benoit Girodet et Didier Danthony se sont prononcés pour son élargissement. Reste à le faire valider.
En effet, le collectif veut être partie prenante car il n’est pas opposé au développement du territoire, comme l'explique Joseph, l'un des membres.


(Cliquer sur "Listen in browser" pour une écoute sur smartphone ou tablette)

La trentaine de membres appelle toute personne intéressée à les rejoindre à prendre contact au 06.87.15.65.50. ou par courriel à collectif.spdc43810@gmail.com.

Annabel Walker




Le projet dans sa dernière mouture (d’après l’étude de faisabilité du 30 décembre 2019 du cabinet La Belle Idée) :


1. Le « Hameau des légendes » : un lieu et une offre de loisirs hybride
A la sortie de Saint Pierre du Champ en direction des Gorges de l’Arzon :
Utilisation de l’auberge/gîte de groupe actuellement fermé, pour installer un accueil de la clientèle pour un panel d’activités payantes et/ou nécessitant un accompagnement : jeux de piste numérique, station de marche nordique, VTT ou trail, circuit de Land Art, découverte guidée du site par les associations (CPIE, LPO…) tout en continuant à proposer du logement et de la restauration.
Derrière l’auberge, construction d’une halle de 500m² qui abritera : jeux indoor, bar et petite restauration, vente de produits locaux, stockage de matériel à louer, lieu d’exposition (Budget d’investissement estimé à 40 K€ hors construction de la halle, pour disposer d’une offre suffisante et de matériels durables dans le temps).
Création autour de la Halle, d’un espace extérieur complétant l’offre de jeux indoor (labyrinthe en pierre, bois et végétation sur le thème de la géologie sur une surface actuellement estimée à 15m x 15m pour un montant approximatif de 75 K€ HT)

2. Sur le site des Gorges de l’Arzon : création d’une offre de circuits et activités de découverte des Gorges
Circuit « Land Art » qui s’appuiera et mettra en valeur les légendes présentes sur le site (renouvelé périodiquement : estimations très variables en fonction des artistes et du nombre d’œuvre à réaliser, compter de 7 000 € à 30 000 €)
Circuit de jeux de piste numérique aventure (renouvelé périodiquement : budget d’investissement 35 K€ si l’on veut avoir des éléments différenciant sur le marché)
Création de 5 à 6 circuits sportifs (à pied ou en VTT), offre animée par un prestataire privé
Et circuits de découvertes guidées (co-conçus avec les associations CPIE et LPO)
Des passerelles en surplomb permettront de découvrir le site au niveau de la pierre plate, tout en protégeant le sol et la végétation du piétinement, d’autres passerelles au niveau de la rivière Arzon permettront de suivre son cheminement tout en préservant le site également. (passerelle de 2 m de largeur x 50 m de longueur au site de la Dame Blanche avec surplombs et possibilités de postes d’observation notamment des oiseaux ; prévoir un budget de 150 K€ HT).
Installation d’un parking à Vélo à l’entrée du hameau de Nolhac,
Création d’un petit parking stabilisé pour 3 ou 4 voitures au site de la Bergue.
Des petits bâtiments nomades abriteraient des expositions des associations et pourraient être déplacés en itinérance hors saison dans les écoles, etc.

3. A Saint Pierre du Champ :
Création d’un parking d’une 40aine de places au niveau du Hameau des légendes (ou de l’auberge si cette solution est retenue). La clientèle sera encouragée à se déplacer à pied ou en VTT ou VTC depuis le village jusqu’aux Gorges.
- Mise en place d’une navette de 8 places pour les clients ne souhaitant pas rejoindre le site à pied depuis St Pierre du Champ.

Une structuration pour un projet éco-responsable :
Le projet, dans sa partie haute comme au fond des gorges, visera le moins possible de voitures à horizon 5 ans (mise en place de navettes, location de VTT et VTC, partenariat avec les communes qui sont desservies par des trains TER – Vorey, Chamalières et Retournac – et à terme navettes autonomes).
Par ailleurs, le projet, que ce soit au niveau de la structuration de son offre, ou dans les constructions et aménagements réalisées, ne pourra faire l’économie d’intégrer les nouveaux modes de gestion de l’eau et de l’énergie (électricité, hydrogène…).

Mise en œuvre en trois étapes entre 2020 et 2024.

HYPOTHESES DE FREQUENTATION :
Année 1 : 5 000 visiteurs
Année 2 : 7 000 visiteurs
Année 3e et suivantes : entre 12 000 et 15 000 visiteurs

EMPLOIS CREES : 2 ou 3 au démarrage de la phase 3.
L’équilibre économique global du projet reposera sur une mutualisation de l’exploitation de l’auberge gite en période creuse avec des emplois saisonniers en saison haute.
Panier moyen des visiteurs (prestation +  achats) au Hameau des légendes : 20 euros par personne
Soit 300 000 euros de CA par an.

HYPOTHÈSES D’INVESTISSEMENTS :
Année 1 : 500 000 €
Année 2 : 1 M d’€
Année 3 : 300 000 €
 
LES ENJEUX IDENTIFIES POUR LE TERRITOIRE :
Permettre aux commerces existants de conforter leur existence, ou de trouver repreneurs pour ceux qui s’arrêtent,
Devenir un lieu rural d’expérimentation de nouvelles mobilités (navette autonome à terme), et jouer la carte d’un site qui à horizon 5 ans sera privilégié par des visiteurs sans voiture
Permettre à des jeunes du pays d’envisager de créer des projets autour de ce flux de visiteurs. Et donc de rester sur le territoire.
Effet indirect Renforcer le flux de voyageurs sur les lignes TER vers Vorey et Retournac.

> Exemple de sentiers envisagés :









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img_journalisteM le 14 février 2020 - 10h18
Si çà continue avec tous ces projets les altiligériens devreont partit remplaçés qu'ils seront par tous ces touristes attendus. Le grand remplacement en somme !!! et des tombereaux d'euros, de la croissance, du travail pour tous le retour des 30 glorieuses

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img_journalisteCR le 13 février 2020 - 08h35
Plus que marre de ces élus qui veulent tout "valoriser", c'est-à-dire "donner une valeur marchande". Ne voient-ils pas que tout est quasiment détruit et que même en Haute-Loire il ne reste que quelques miettes de nature vraiment sauvage ?? Laissons la nature tranquille ! Et battons-nous contre ces aménageurs qui veulent faire venir des hommes là où il n'en faut surtout pas ! Car l'homme, c'est le goudron, c'est le béton, c'est la machine, c'est le déchet. Même sur un projet peint en vert..

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img_journalistepp le 12 février 2020 - 19h54
Un psy dirait que les élus souffrent de la manie aménageuse . Quelle idée de toujours vouloir domestiquer la nature !. Les gens sensibles savent trouver par eux- mêmes le chemin des arbres ou des oiseaux . Il est vrai que derrière les aménagements on entend souvent le bruit du fric , qu'il soit dans un parc dit de nature ou dans une zone éolienne .

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