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''Plus d'un jour par semaine, nous mangeons 0 % Made in France''

Date : 14/06/2019 | Mise à jour : 17/06/2019 13:48
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Entre 10 et 25% des produits agroalimentaires importés ne sont pas aux normes environnementales et sanitaires françaises selon le sénateur de la Haute-Loire Laurent Duplomb.

Dans les années 1950, le budget que les Français consacraient à l’alimentation représentait 50 % de leurs revenus. Aujourd’hui, il est de 8 à 10 %.

Celui qui est également éleveur bovin à Saint-Paulien a présenté, ce lundi 10 juin 2019, au Sénat son premier rapport d’information en tant que président du groupe d’études sénatorial « Agriculture et Alimentation » depuis 2018. Après un semestre d’auditions et de réunions du groupe d'études, le rapport entend alerter sur un excédent commercial divisé par deux en moins de cinq années avec ce titre "La France, un champion agricole mondial : pour combien de temps encore ?"

Selon les chiffres que Laurent Duplomb a compilé à partir de données de la DGCCRF ou de la Cour des Comptes par exemple, plus d’un jour par semaine, l’alimentation des Français est étrangère. De même, un fruit et un légume sur deux sont étrangers. En restauration hors foyer, entre 60 à 80% de la viande avicole et 75% de la viande bovine ne viennent pas de France.

Outre le manque à gagner pour les agriculteurs français, 5 à 10 milliards de produits illégaux entreraient en France chaque année. Non seulement ceux-ci exercent une pression à la baisse sur les prix des produits français soumis à des normes supplémentaires, mais certains seraient nocifs pour la santé. À l’intérieur même de l’Union européen, les réglementations ne sont pas les mêmes. Un agriculteur polonais ou espagnol n’aura donc pas les mêmes contraintes qu’un Français. En 2017, un quart des produits à base de viande (non bio) provenant d'autres pays de l'UE n'étaient pas conformes. Quand on demande à Laurent Duplomb si les données fournies aux douanes à l’importation ne doivent pas spécifier les traitements utilisés au cours de la production, il secoue la tête. « Souvent les contrôles sont faits visuellement seulement. Est-ce une pomme ? Oui. A-t-elle le calibre indiqué ? Oui... »

Quelle suite donner à ce rapport ? Pas de proposition de loi. Mais le sénateur espère réveiller le consciences. Fournir des chiffres aux parlementaires (dont ils ne disposaient pas auparavant sous cette forme) pour légiférer en toute connaissance de cause à l’avenir. Il en va de la compétitivité des produits agricoles en France et à l’étranger, et même de la survie du monde agricole hexagonale. Pour lui, il s’agit de « conserver la diversité de l’agriculture française et non pas s’enfermer dans le seul ‘’montée en gamme’’, conquérir des marchés là où la demande va exploser avec la croissance de la demande alimentaire dans le monde notamment en Afrique et en Asie ». Il espère aussi que les contrôles seront renforcés.

> Consulter le rapport complet

Questions à Laurent Duplomb


Zoomdici : Quelle proportion de produits agroalimentaires importés un Français lambda consomme-t-il ? Et comment expliquer l’ampleur de cette proportion ?


(Cliquer sur "Listen in browser" pour une écoute sur smartphone ou tablette)

Zoomdici : Vous dîtes qu’avec toutes les normes que la France a imposé à ses agriculteurs au fil des années, ses produits sont devenus plus chers et donc peu compétitifs. Vous dîtes que la France ne peut pas continuer comme ça. Vous parlez d’ « illusion de la montée en gamme » et d’une France à deux vitesses, pourquoi ?


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Zoomdici : Alors quelle solution ? Vous ne croyez pas en une uniformisation des normes au niveau européen, et a fortiori mondial (l’agriculture française aura eu le temps de s’effondrer avant de mettre tout le monde d’accord selon vous). Faut-il donc supprimer des normes et s’abaisser au plus petit dénominateur commun actuel ?


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Zoomdici : On entend déjà des voix opposées qui vous discréditeront en disant : « De toutes façons, vous êtes pour l’agriculture intensive, les pesticides de synthèse ça ne vous fait pas peur... »


(Cliquer sur "Listen in browser" pour une écoute sur smartphone ou tablette)

Annabel Walker



Laurent Duplomb a été :
Président de la chambre agriculture de Haute-Loire de 2011 à 2017.
Administrateur Chambre d'agriculture régionale de 2011 à 2017.
Président administrateur de la coopérative laitière Sodiaal de 2011 à 2017.
Maire de Saint-Paulien de 2011 à 2017. Il reste reste conseiller municipal.
Président des Jeunes agriculteurs de la Haute-Loire, membre de la FDSEA 43.




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img_journalisteM le 18 juin 2019 - 08h41
Avez vous vu les prix des produits "bio" sur les marchés ? la vente directe plus chère alors que bien souvent réglée en espèces sans trace !!! qui nous prouve que le bio est respecté 5 fruits et légumes par jour ok vous avez vu les prix ? comment fait une famille peu aisée arrêtez de vous moquer de nous l'agriculture française n'est bonne qu'à vivre d'aides n'importons plus mais alors n'exportons plus y compris nos voitures, tv, smartphone etc....

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img_journalistea le 16 juin 2019 - 14h45
Quand on cessera de nous prendre pour des américains, PEUT-ÊTRE nous achèteront français. ......et je ne parle même pas du "soit-disant" bio....

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img_journalisted le 16 juin 2019 - 13h33
Encore des jérémiades sur le produit français. .. Et on les trouve les agrumes français, le thé, les infusion, le café français.. .

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