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''Les élèves ne reprendront pas les cours là où ils les ont laissés''

Date : 08/05/2020 | Mise à jour : 09/05/2020 09:27
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Ce vendredi 8 mai 2020, les services de l'Etat ont précisé les contours du déconfinement dans le département. La directrice académique des services de l'Éducation nationale (DASEN) de Haute-Loire, Marie-Hélène Aubry, a exposé les modalités de reprise dans les établissements scolaires.

Quelque 90 % des écoles du département, de toutes tailles, vont rouvrir la semaine prochaine. Elles disposent du protocole sanitaire depuis le 4 mai. Le matériel nécessaire sera livré d’ici mercredi à raison d’un masque par adulte avec des réapprovisionnements tous les 10 jours environ.
Dans le 1er degré, les enfants ne porteront pas de masques, contrairement aux collégiens qui rentreront le 18 mai et aux lycéens qui devraient rentrer début juin si le département reste classé vert.
Des masques de taille enfant ont été reçus ce jeudi. Ils seront réservés aux élèves développant des symptômes dans la journée avant de pouvoir être récupérés par leurs parents.

Le nombre d’élèves par classe est limité à 10 maximum en maternelle et 15 en élémentaire et au collège.

Les enseignants peuvent se trouver dans plusieurs cas de figure :
- présents à l’école
- en arrêt maladie
- en enseignement à distance car faisant partie des personnes vulnérables ou en comprenant une dans son foyer (sur présentation d’une ordonnance médicale).

Les écoliers eux, pourront se trouver dans quatre situations :
- à l’école avec un maître (pas forcément le leur) deux jours par semaine
- en activité pédagogique à l’école, pas forcément avec un maître, c’est-à-dire en études.
- à la maison en continuité pédagogique
- pris en charge par une collectivité locale en activité périscolaire.

L’Inspection d’académie n’aura la répartition totale que lundi soir pour les enseignants et mardi soir pour les écoliers.
Un point de situation sera fait le 1er juin.
Les parents qui font le choix de garder leurs enfants pourront les réinscrire à l’école (deux jours par semaine) sans attendre un quelconque cadencier.
« Heureusement, toutes les familles ne vont pas envoyer leurs enfants en même temps mais beaucoup de familles vont souhaiter le faire, je le comprends », a précisé Marie-Hélène Aubry. Pour autant, quand on lui demande si elle appelle les parents qui peuvent maintenir leurs enfants à la maison à les garder encore quelque temps pour ne pas engorger les écoles, elle répond que cela ne lui appartient pas et que le retour en classe se fait sur la base du volontariat des parents.

1,5% d'élèves perdus de vue

Pour l’inspectrice d’académie, ce retour à l’école sera particulièrement bénéfique aux enfants dans des situations fragiles, ceux qui ont pu régresser dans leurs apprentissages au cours du confinement par manque de stimulations par exemple. Même si elle se réjouit que la Haute-Loire soit le département de l’académie avec le moins d’élèves « perdus de vue » pendant le confinement et l’un des premiers de France, soit moins d’1,5 % des élèves, de la maternelle au lycée, sachant que la moyenne nationale se situe autour de 4 à 5 %.
Même la fracture numérique des territoire en zone blanche, sans Internet, n’a pas stoppé le corps enseignant. « Un professeur de collège a livré les cours dans les boîtes aux lettres de petits hameaux isolés tous les jours ou tous les deux jours avant que la Poste ne prenne le relais à partir du 8 avril », fait-elle remarquer avec un coup de chapeau à cet enseignant qui ne souhaite pas être nommé.

"Il ne s’agira pas de retrouver le déroulement d’un programme"

Quand les élèves retourneront à l’école, ils ne reprendront pas là où ils s’étaient arrêtés. « L’école ne sera plus la même, prévient Marie-Hélène Aubry, il ne s’agira pas de retrouver le déroulement d’un programme ». D’abord, l’apprentissage du protocole sanitaire occupera une grande partie du temps des enfants : ne toucher ni la maîtresse ni ses amis, ne pas se passer de crayon ou de gomme… Lorsque l’on fait remarquer que la distanciation pourra être très mal vécue par les enfants de maternelle, elle reconnaît que « si l’on donne des masques aux instituteurs et aux ATSEM c’est parce qu’on sait que certains gestes vont nécessiter le non-respect de la distanciation ». Et puis, « quand un enseignant lira un livre à une groupe d’enfants, il pourra enlever son masque pour être entendu par tous à distance ».
Les petits seront-ils autorisés à sucer leur pouce ? « Si c’est pas celui du voisin, oui », sourit l’inspectrice d’académie. Et de rassurer sur la liberté de chaque enfant : « Si c’est pour avoir des enfants statufiés, ça ne sert à rien de les remettre à l’école ! Non ce ne sera pas le cas. »

Quant aux crèches, la PMI (Protection maternelle infantile) a émis un protocole sanitaire avec un maximum, là aussi, de 10 enfants.

Annabel Walker



 
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