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« Pépites » de Saint-Vidal, épisode 2 : un fragment de boulet de canon découvert par le jardinier

Date : 11/08/2019 | Mise à jour : 11/08/2019 09:29
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Vous aviez peut-être suivi le premier épisode de notre saga de l’été. Aujourd’hui découvrez de nouvelles pépites du patrimoine autour de la Forteresse de Saint-Vidal.

Un fragment de boulet retrouvé par hasard

Isa-Lou Ville, chargée de communication pour la Forteresse de Saint-Vidal, nous conduit vers une nouvelle pièce, et pas des moindres. Dans la véranda, nous ne remarquons pas tout de suite l’objet de notre visite. Nous sommes d’abord émerveillés par le sol : les tommettes sont d’origine (XVIe siècle). Au fond, sur un meuble, nous comprenons pourquoi nous sommes entrés. Des boulets de canon datant du siège d’Henri IV en 1591 sont disposés devant nous. Ceux-ci sont très lourds : on imagine bien la violence de l’attaque. Au milieu des boulets, un fragment attire notre attention. « Celui-ci a été trouvé par hasard par le jardinier alors qu’il bêchait le sol devant la forteresse », nous explique Isa-Lou Ville.

Antoine II de la Tour de Saint-Vidal, gouverneur du Velay, a beaucoup participé au renforcement de défense du château qu’il transforma en forteresse. Il fut tué en janvier 1591, mais sa position de tête de la Ligue (mouvement opposant aux Protestants) poussa tout de même Henri IV à siéger la forteresse dès le mois de juillet suivant.

Une charpente pas si récente

Jusqu’à ce que les archéologues du bâti se chargent de l’étude des lieux, tout le monde était d’accord : la charpente de la galerie ne pouvait avoir été construite avant le XVIIIe siècle. Elle était trop bien préservée pour être plus ancienne. Et pourtant, le verdict a contredit toutes les affirmations. À la surprise générale, les poutres datent en réalité de l’année 1530. Elles sont donc âgées de 5 siècles. Il n’a fallu qu’un bon nettoyage et un cirage pour leur redonner l’éclat dont elles avaient besoin. Pour certaines pièces en revanche, ce sont les empochements (les emplacement des poutres dans les murs) qui ont permis une restauration complète du plafond.

Un visage sur la voûte

La cuisine réserve bien des anecdotes, à commencer par sa voûte. Au milieu du plafond, on découvre un visage sculpté. Il s’agirait en fait de celui d’un éthiopien. Des croisades ont en effet eu lieu en Ethiopie, dont le peuple persécuté s’est en partie réfugié à Lyon. Le visage est donc un clin d’œil à ces immigrés de guerre. La cuisine, baptisée pour l’occasion « cuisine sarrasine » a également fait l’objet de cachettes pour des chefs d’œuvre de Savoie durant la seconde guerre mondiale. Enfin, dans cette même pièce, la cheminée, importée des croisades, nous cloue littéralement sur place. Son âtre, qui mesure pas moins de 30 m de haut, permet de cuire d’importants mets.

Crédit photos : Zoomdici





A.S.




Pour aller plus loin dans le dossier, entre spectacles, subventions, projets et polémiques

Vianney d'Alançon a racheté la forteresse de Saint-Vidal en 2016. Il propose un triptyque inédit à l’échelle régionale qui alimente ce projet d’envergure : la réhabilitation des jardins, l’ouverture de quinze salles de la forteresse sous forme de déambulation à travers des moments clés de l’histoire régionale et enfin, un spectacle nocturne exceptionnel où se mêlent acteurs et figurants bénévoles, pyrotechnie et vidéo-projection.
Le projet, qui bénéficie de 300 000 euros de subventions de l'agglomération du Puy, avait suscité quelques interrogations et réserves de la part de l'opposition, mais il a bien été validé par la collectivité, alors que la Région débloquera 600 000 euros et le Département 300 000 euros, pour un total d'environ 1,2 million d'euros.
Alors que nous faisions le point sur les dernières avancées du projet et des spectacles estivaux, qui débutaient en juin 2018, nous avons profité de notre rencontre avec Vianney d'Alançon début octobre pour l'interroger sur cette polémique. Vous trouvez ici sa réponseLes plans 3D du jardin ont ensuite été dévoilés début décembre et on peut également citer les multiples soutiens de "célébrités" au projet de Vianney d'Alançon. Enfin le projet de la forteresse nécessite des bénévoles mais aussi des professionnels. Quatre comédiens et un technicien de maintenance et d'opération spectacle étaient recherchés début février pour une période allant de mai à septembre. Zoomdici avait consacré un article lors de la venue des équipes de France télévision pour un reportage, qui révélait notamment une partie du spectacle nocturne.
En juillet dernier, en vidéo, Zoomdici vous proposait un voyage dans le temps au travers des quinze pièces du château ouvertes au public dans le cadre du spectacle déambulatoire "La Mémoire d'un peuple".


Puis une nouvelle polémique prend de l'ampleur en début d'année avec une subvention régionale de 1 363 489 €. Nous avions pu joindre dès le samedi matin Vianney d'Alençon, le propriétaire, qui se défendait de mettre le moindre centime de cet argent public dans sa poche, alors que les élus d'opposition s'indignaient de l'attribution d'une "subvention d'un million d'euros pour une personne privée, pour la valorisation de son propre patrimoine". La Région nous avait finalement répondu dans un communiqué le dimanche. Il faut dire que le sujet est hautement polémique : depuis le début du projet, le propriétaire de la forteresse est critiqué (parfois même menacé, même physiquement, une enquête a été ouverte, comme évoqué dans notre dossier "Saint-Vidal : entre ambitions, privatisations et contestations") pour les importantes subventions qu'il est parvenu à glaner auprès des collectivités locales. 600 000 € déjà votés en juin 2017 par le Conseil régional, sans compter les aides versées par les collectivités locales du Département (300 000 €) et de l'Agglomération du Puy-en-Velay (300 000 €). Une nouvelle subvention d'un million d'euros a fait déborder le vase en février dernier. Au point de voir l'exécutif reculer... pour mieux sauter finalement puisqu'on en sait plus sur les 1,3 millions d'euros de subventions régionales.
Avec une nouvelle bière estampillée Saint-Vidal attendue pour l'été 2020, les projets ne manquent pas au château et Zoomdici s'était glissé dans les coulisses du grand spectacle lors de la dernière répétition (vidéo).


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img_journalisteR le 13 août 2019 - 14h36
La chargée de communication fait bien son travail auprès de Zoom, mais ça serre toujours quand c'est la grève des confiseurs.

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