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« Je suis une tombe », dixit Berkane Makhlouf au nouveau procès Fiona

Date : 29/01/2018 | Mise à jour : 30/01/2018 06:48
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C’est parti pour deux semaines de procès en appel, devant la Cour d’assises de la Haute-Loire, au Puy. Une première journée d’audience, ce lundi, qui a replongé magistrats, associations et public dans une affaire pour laquelle le degré de culpabilité des deux accusés peut être reconsidéré, ou pas.

« Je suis une tombe ». Cette parole fait froid dans le dos, mais n’a évidemment rien d’un aveu dissimulé. En effet, chacun sait que le couple que Berkane Makhlouf formait avec Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, avait rapidement avoué avoir lui-même procédé à l’enterrement du cadavre de la petite fille, à l’automne 2013 dans les environs de Clermont-Ferrand. C’est d’ailleurs l’une des seules choses sur laquelle le duo est à peu près d’accord quant au déroulé des évènements.
Cette phrase dite « innocemment » fait partie des interventions intempestives que le principal suspect – au vu du verdict en première instance –  s’est permis lors de la lecture par le président Fradin de la chronologie du dossier, ce lundi 29 janvier 2018, en ouverture du deuxième procès en appel dans l’affaire Fiona au Puy-en-Velay.

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«On ne mérite pas 30 ans»

Berkane Makhlouf n’aura d’ailleurs été « une tombe » qu’au tout début de l’éclatement de l’affaire, puis lâché par sa compagne qui n’aura ensuite de cesse de l’enfoncer, il accusera à son tour celle-ci d’avoir été violente avec Fiona.
Condamnés, lui, à 20 ans, en première instance, pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur mineure de 15 ans par personne ayant autorité » et, elle, à 5 ans pour « non assistance à personne en danger », les deux ex-compagnons de "défonce" risquent à nouveau chacun 30 ans de prison.
« On ne mérite pas 30 ans », commente à nouveau Berkane Makhlouf, parlant encore au nom de Cécile Bourgeon, comme si le fantôme de leur couple tragique l’aidait à affronter ce nouveau procès.
Il l’appelle toujours par son prénom, tandis qu’elle dit « Monsieur », quand elle évoque l’ancien « père de substitution » de sa fille, pour paraphraser la déposition de certains témoins au tout début de l’affaire.

«Félicitée pour l’éducation de mes enfants»

Un dessinateur de presse présent lors de ce premier jour de procès, croque d’ailleurs très facilement l’homme, puis éprouve plus de difficultés à représenter la mère de Fiona. Il prétexte la lumière, ou le reflet du box vitré. Mais peut-être est-ce la criante différence d’expressivité qui rend sa tâche ardue. L’un s’est très vite animé, en ce début de procès, tandis que son ex-compagne se montre impassible, n’affichant aucune émotion, presqu’aucune trace de vie.
Enfin, elle s’anime quelque peu quand le président lui donne la parole : « on m’a félicitée pour l’éducation que je donnais à mes enfants, jamais je n’ai été violente avec mes enfants. »
« - Non-assistance à personne en danger ? Recel de cadavre ? », l’a aussitôt reprise le président Fradin.
Cécile Bourgeon se désanime à nouveau après avoir comme murmuré un « en effet » sans plus de souffle. Prochain verdict le 9 février.

Jacques Jamon


 
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